in/divisible

Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

in/visibles

passé

tiens-tiens ?

Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

hy/ppostrophe

expressway to your skull, rockn'roll culturation

Quand tu auras passé trente ans de ta vie à mettre au point de subtiles méthodes psycho-pédiatriques, médico-pédagogiques, psychanalo-pédotechniques, à la veille de la retraite, tu prendras une bonne charge de dynamite et tu iras discrètement faire sauter quelques pâtés de maisons dans un quartier de taudis. Et en une seconde, tu auras fait plus de travail qu'en trente ans.
Fernand Deligny, Graine de Crapule.

Lundi 16 Avril 2007.

I am not a number, i am a free man !

Pris au dépourvu, grand bien m’en prit, et ce soir là à La Générale pour le vernissage de Lux, je me voyais collé à la toile compulsive de mes petites lubies faussement sexuelles et obsessionnellement affectives. Première petite claque incisive que tu m’offrais, Violaine, et je t’en remercie mais ce n’est pas tout… En me découvrant noyé dans le réseau dense de tes amours hoquetants, c’est aussi à la postérité que tu m’invitais à réfléchir : figé dans le gel de l’œuvre, « Petit moi-même » s’en trouvait bien amusé de se voir perpétué en coup d’un soir arithmétiquement dans la moyenne. Sexe, mort, cocktail classique à sans cesse remâcher, l’énigme n’est jamais consommée et je riais de me voir si ordinaire en ce miroir. Ton propos plut, sache-le, et nous fûmes nombreux à nous gausser de nos petites aventures lubriques, ce à quoi ta proposition artistique nous invitait.

L’objet de ces louanges se compose ainsi : deux rétroprojecteurs illuminent côte à côté un mur blanc. Dans les carrés de lumière apparaissent quatre tableaux statistiques résumant deux années d’échanges séminaux.
Le premier tableau est un index numérotant chronologiquement le passage de chacun des partenaires dans ton histoire. Coincé entre un « Le Turc », un « Carrefour » et autre « Québécois N°2 », j’appréciais ce sobriquet mignonnet dont tu m’affligeais affectueusement. Mais déjà, N°23 que j’étais devenu, il me fallait passer au tableau suivant.
La durée de la relation traduite en camembert coloré plongeait la singularité fantasmée de mon ego dans la foule ramassée des « 1 heure et + ».
Le troisième tableau quant à lui résume ton propre taux d’activité érotique, avec ses moments creux et ses envolées sexuelles, et enfin, très apprécié, le quatrième tableau de petites barres offraient la perspective de la qualité de la relation proprement dite, pour le partenaire et pour toi-même : de ++ à --, je me retrouvais grosso modo à « plus ou moins », et tu me prêtais un plaisir légèrement supérieur : +.
Eminemment subjectif, j’en concluais que je t’avais laissé le souvenir de quelqu’un de valorisant, à défaut de t’avoir laissé un souvenir inoubliable au plumard, à défaut tout autant de pouvoir réellement comparer le plaisir que chacun d’entre nous avait pris alors - moi, toi, les autres ; 2004, c’est si loin, et c’est devant mon nez…

Je m’amusais de cette projection catapultante de mes interventions tartuffesques dans la vie d’autrui, et je m’en amusais parce que nous avions rendez-vous, oui Madame, nous avions rendez-vous dans ce même lieu avec E., une bonne semaine de présence/absence qu’on se tournait autour, et la soirée ne faisait que commencer. Quel N° suis-je dans sa vie ? Quelle aune d’émotion nous procurerons nous ? « Tu me fais peur », me dit E. au petit matin alors que nous nous étreignons entre quat’z’yeux tout en haut du parc de Belleville. Et sa peur m’angoisse et je tiens à elle, pensais-je, et je souhaite être autre chose qu’un numéro dans son propre tableau rétroprojeté. Faites sortir l’illusion par la porte, elle vous revient dans la gueule par la fenêtre. L’absurdité de la condition humaine est sans fin, me glisse Camus que je redécouvre avidement sous le soleil, exactement : Starring at the sea, starring at the sun…

kalinka | 13 h 40 | Rubrique : bobologie | Màj : 16/04/07 à 17 h 54

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Dimanche 08 Avril 2007.

halte au laborieux

J’avais commencé une historiette, il y a peu, et c’était un tâtonnement dérisoire, comme bien d’autres, et je ne m’efforcerai pas à dilater cette tumeur velléitaire.

C’est ainsi, le jeu a fait long feu, la foi était bien là mais la crédulité a cessé. Mal engagée cette comptine je vous le dis, maladroite, et creuse qui plus est.

Elle cesse donc ici sans pour autant qu’on puisse y poser le mot FIN, car elle n’a pas de fin si ce n’est l’absurde assèchement de l’encre de son auteur. Depuis le début. Bien avant son commencement.

On passera donc désormais aux choses sérieuses, non non il ne s’agit pas ici de se pincer les lèvres, ni même de renier ni même de jeter ; il s’agit : d’agir, justement, de se saisir de l'opportunité, de se matérialiser. de ne plus sourire à la dame, a priori.

De ne pas la vomir, non plus.

kalinka | 21 h 18 | Rubrique : bobologie

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Vendredi 30 Mars 2007.

L'ordre du monde

Elle s’assoit sur le lit, elle est en nage et la douche n’y fait rien. Au-dessus du plafond ses parents sûrement sont assoupis, eux ne pensent à rien. Pas comme elle. Eux sont en paix. Le silence mâte dans ce petit studio qui n’est pas le sien l’angoisse terriblement, et tout autour d’elle la pression stridente de l’ordre du monde flotte et écrase son corps menu… L’ordre du monde ne lui laisse pas de place, l’ordre du monde l’évacue patiemment. Pourquoi lutter ? Pourquoi lutter, maintenant qu’il est parti ? L’angoisse est forte et douloureuse, elle ne sait que faire de son corps et de cette nuit immobile, elle ne sait que faire de ce corps qu’il a délaissé, de cette peau marquée par sa salive et sa sueur et son odeur et son plaisir et… Elle s’effondre sur le lit le front dans le polochon, elle enfonce ses longs cheveux bruns dans le matelas, elle s’écrase le visage dans les replis du coussin et un cri blanc inaudible s’échappe de sa gorge tuméfiée d’avoir tant sangloté. L’ordre du monde est en elle et l’invite à faire silence, à ne pas déranger, surtout pas, à ne pas prendre de place qui ne soit la sienne, surtout pas.
Elle est désormais recroquevillée et ses genoux touchent presque sa petite poitrine. Les yeux grand ouverts, elle tête inlassablement ce foulard si précieux, celui qu’il lui avait offert un après-midi de septembre, alors qu’ils se promenaient au hasard de leur tendre badinerie. Elle s’était arrêtée devant cette vitrine aux couleurs d’automne - elle aime l’automne et ses couleurs passées - et il était entré, et il était ressorti avec ce foulard et l’avait glissé sur ses épaules. Elle se souvenait du mouvement de la main sur son cou et sa nuque, de la caresse légère de la peau sur sa peau et de la pression douce des lèvres sur sa joue. Elle avait oublié son angoisse de vingt ans et sa guerre perpétuelle contre l’anorexie et ses terribles rechutes, c’est alors seulement qu’elle s’en apercevait, et c’est alors seulement qu’elle commença à l’aimer. L’aimer… Elle frissonne et sent le vide terrible de son absence. Sa joue est marquée par le sillon des larmes. Elle se hait de n’avoir su le retenir, elle hait son être de n’avoir su se faire désirer suffisamment, de n’avoir su prendre encore une place quelque part, juste une petite, de n’avoir su ne pas être oublié, pas complètement.
Elle prend conscience du matin qui s’annonce, alors que derrière les volets la lumière n’a pas encore rejoint le piaillement des oiseaux et le grincement des rideaux métalliques. Elle prend conscience de cette poutre entre la porte et le plafond qu’elle fixe depuis un bon moment, à tel point qu’elle discerne la moindre veinule dans le bois fendu par le temps. Elle ne saura plus y faire, sans lui, elle ne saura plus contenir le si fragile souffle qui l’accroche à l’ordre du monde. Elle en veut à son corps à elle et ne sait plus comment lui dire, elle en veut à sa chair et à sa consistance, et le temps doit s’arrêter, et il reviendrait parce qu’il saurait, il saurait combien elle l’aimait de savoir si bien l’entourer et lui faire une place, une place pour elle dans le monde enfin ordonné. Au dessus, elle discerne confusément le craquement du parquet et les pieds nus qui tapotent en direction de la salle de bain. Le café sûrement est prêt. C’est l’heure du petit-déjeuner, en haut.
K. descend les marches dans la lumière grise du matin, un plateau dans les bras. Elle a trouvé ce prétexte anodin pour embrasser sa fille avant de partir au travail. Elle s’inquiète un peu, elle appréhende les jours à venir, elle connaît sa fille, sa fille unique, et la sait fragile et sait combien elle peut se torturer. Elle frappe à la porte du petit studio, et K. craint le pire, frappe encore, puis ouvre doucement la porte. La porte s’ouvre mais à mi-chemin une masse molle semble la retenir. Quelque chose gêne son ouverture et oblige K. à poser le plateau dans le couloir. Et puis elle pousse et pousse encore, et parvient à se glisser dans l’entrebâillement, et le corps de sa fille encore chaud pendu à son petit foulard se colle à son visage et elle crie.

« Elle allait sur ses trente-cinq ans, le savais-tu ?

- Oui, je le sais bien, K. »

Un silence, et soudain sa main agrippe mon bras, et sous le manteau je sens ses doigts qui me parlent, ses doigts qui hurlent son désespoir. Et je ne dis pas : « Je ne la connaissais pas, ta fille, ton amour, et je n’y étais pas à son enterrement, parce qu’il fallait bien te remplacer et continuer et éviter que la faille n’ensevelisse tout, contenir les secousses sismiques et tenir l’ordre du monde... ». Je ne dis rien, et je sens contre moi son manteau trempé qui me serre et sa chair qui n’en finit pas de hurler de douleur tandis que nous nous étreignons.

kalinka | 17 h 47 | Rubrique : bobologie

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Vendredi 23 Mars 2007.

knocked out by technology

Fucking tête en l’air que je suis, j’ai omis de récupérer un bout de la batterie de mon ordi avant de me barrer du boulot ce soir… Résultat, le temps m’est compté pour ce week-end et la suite de ma petite nouvelle attendra le début de semaine prochaine. Dommage pour moi, y avait comme un rythme, je voyais déjà le train décoller pour des horizons ludiques et pétillants.

Shut down alarm : Ten... nine... eight... seven... six... Now.

kalinka | 20 h 04 | Rubrique : bobologie

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Mardi 20 Mars 2007.

bilan de lamentabilité

Ce « foyer pour personne dépressive » lancé via google m’interpelle. Il est venu à moi, entre un « quiproquo » et un « jgling », entre chien et loup sûrement, alors que je dispendiais mes péroraisons didactiques à tue-tête, fier et aveugle comme un candidat en campagne : « l’âge mental n’existe pas, et même pire, c’est un concept dangereux », ou encore « on ne dit pas elle est prise en charge sur l’hôtel social, mais à l’hôtel social, tout comme on ne dit pas qu’elle est allée sur le boucher, mais bien au boucher », etc.
- Moi je ne la fais plus cette faute, le coup du boucher tu nous l’avais fait l’année dernière, nous dit C. d’un air entendu.

Certes, l’une des qualités du formateur soucieux d’intéresser les étudiants est de se renouveler :

- On ne dit pas elle est allée sur le nègre, mais elle est allée au charbon.

La sémantique à caractère pornographique déserte mon blog et s’invite dans mon travail, où les mômes se font violer mieux qu’au cinéma et les femmes passent la douane en écartant les jambes pour atteindre les rives méridionales de l’Europe, et les gens sont prêts à mourir pour atteindre l’Eldorado via Ceuta, et ils meurent plus bas, toujours plus bas dans la corne africaine, parce que l’Europe exporte ses frontières en Afrique, toujours plus au sud, et ses frontières sont toujours plus meurtrières et jamais plus efficaces. Mais l’Europe y croit –
Soral, ta rhétorique est naïve1.

Ce « foyer pour personne dépressive » m’interpelle, et je perçois les ressorts psychanalysants de ces post larmoyants et austères, tout comme je ressens la pornographie envahir ma vie affective : abandonnique, violente ; putassière, voyeuriste ; beurk, en un mot. Mon travail s’invite sur mon blog : « 
j'ai eu une psychose infantile et je suis guérie à adulte », « schizoide », « mdma toute les semaines », « codeine », « psychanalyse narcissique », « sortie hors du corps mode d"emploi », « je suis enceinte », « leçon de macramé ».

Pour synthétiser : « sperme partout ».

1 Comment insulter Soral, Soral le pestiféré-provocateur, tout a été vitupéré à son endroit ? Neuf livres, et la candeur s’acharne toujours sur toi, boxeur enthousiaste de boutonneux lambertiste…

kalinka | 23 h 54 | Rubrique : bobologie

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Dimanche 18 Mars 2007.

désinvestissement

La vie s’avance masquée, vieil air connu ; elle s’ingénie à déstabiliser les pythies modernes les plus patientes et les plus obtuses, elle laisse pantois les augures de notre temps et les abandonne bégayants devant leurs jouets sophistiqués. Le futur est une Idée, c’est une Babel que grands enfants nous nous efforçons de reconstruire encore et encore, et encore et encore la vie sans trame congédie nos projets les plus ancrés, les principes de ce qui nous constitue, le peu de valeurs que nous mettons en branle pour tenir dans la tempête.

Je suis étrangement absent de moi-même cette nuit, je suis étranger cette nuit, je me suis retiré de ma carcasse et mon enveloppe ne réchauffe plus rien que quelques bouts de tuyau négligés. Cette vacance de tout devenir, ce serpent de chair enroulé autour de rien, cet ersatz d’être qui ne tient qu’au réflexe bio-mécanique des particules et des organes agrippés au temps, j’en ressens la fatuité tragi-comique : tragédie de la banalité, comédie du ridicule.

Je m‘étais il y a peu incrusté en moi-même, convaincu de m’y tenir enfin, persuadé que, peut-être, je saurai après tout m’y tenir tranquille et nettoyer dans les coins et m’investir à l’épanouissement de ma demeure carnée. Pourrissement, oui ! Et je me sens aussi vétuste et insalubre qu’une lope fripée et incontinente.

Vieille rengaine aussi : celle de l’humanité… L’humanité et son cortège de bégaiements affectifs, ses frivolités essentielles, ses passions interchangeables. On vous accorde l’estime, on vous jure l’absolu ; on vous compare sans retenue, on se dispense de vos services… Autant de bio-mécaniques s’affolant dans l’infini à borner le réel, s’escrimant à respirer dans l’air confiné le sexe offert au tout-venant, l’oxygène n’y est pour rien, c’est l’emboîtage qui compte, les ronds dans les ronds et les carrés idem : autre Babel vouée à l’échec à la déception, il n’y a rien dans la passion, rien dans la frivolité, rien dans l’affection, rien dans l’humanité, rien d’autre que l’illusion d’un futur confortable et d’une retraite sans fin. Sans finalité.

Capituler.

kalinka | 01 h 39 | Rubrique : bobologie

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Mercredi 14 Mars 2007.

Brûler l'idole 2

Le regard posé sur le canard dans mon assiette, je sentais mon corps comme brûlé par l'acidité de ses mots :

"J'ai rencontré quelqu'un, je suis enceinte...".

La nausée me submergeait, mes mains fébriles accrochaient les objets autour de moi, le verre, un couteau, mes clopes. Oui aspirer une cigarette, se débarrasser de l'encombrement des membres inutiles, se replier sur les papilles, refluer dans les volutes de fumée et faire écran. Quatre mois que tu étais partie, quatre mois que je me battais pour ne pas sombrer totalement, et tu m'annonçais tranquillement ma condamnation définitive avec la plus grande des maladresses du monde. Tu me demandais si j'avais rencontré quelqu'un, si j'étais heureux, si j'étais amoureux, et puis non mes histoires ne vont pas bien, et non je ne suis pas heureux, et tu insistais tant que je te provoquais exaspéré : " cesse de tourner autour du pot, tu sembles vouloir me dire quelque chose, tes questions sont celles que tu désires que je te pose... Accouche !". Je ne pouvais mieux tomber, et tu me disais que ce type dont tu attendais un enfant ne te plaisait pas plus que cela, que tu n’avais pas de boulot et toute ton histoire puait le renoncement. Tu comblais je le voyais bien ton angoisse à grands coups de chair humaine dans l'utérus, tu sacrifiais les errances de la cam aux petites manies rassurantes de la grossesse. J'ai un nom pour ton mouflet en gestation, tu veux savoir ? Appelle-le Palliatif.

Près des deux tiers des hospitalisations en psychiatrie concernent les hommes, le savais-tu ? Tu te demandes sûrement pourquoi les femmes échappent aussi significativement au traitement, peut-être ? Elles sont pourtant beaucoup plus nombreuses à se déclarer dépressives ; elles sont aussi beaucoup plus nombreuses à tenter le nettoyage par le vide, à coup de médoc s’entend. Parmi les plus amusantes des explications au palmarès, celle qui indique que les femmes délaissent la camisole pour le foyer familial est ma préférée. On devrait d’ailleurs dire que le foyer se saisit d’elles, ce qui serait plus juste. Et ton môme là, il me fait penser que tu as fait un choix odieux, que tu fuis ton aliénation pour une aliénation plus douce mais plus perverse, que tu cèdes aux sirènes diffuses de la normalité pour enfouir toujours plus profondément les racines de ton malheur et de ta dépression. Tu plonges dans le destin que d’autres ont écrit pour toi il y a bien longtemps, tu épouses ta propre dépossession et tu vas accoucher d’un sédatif pour toute ton existence. Tes barreaux seront peut-être dorés, ils n’en seront que plus durs à limer. Tu as bien réussi à te perdre, finalement, et je suis même trop atéré pour m’en désespérer. La cuisse de canard, froide désormais dans l’assiette baveuse de sauce, avait repris sa forme originelle de morceau de cadavre.

Le train me ramenait tout droit en enfer, ou bien plutôt à la médiocrité de mon petit purgatoire existentiel, parce que de l’enfer j’en revenais, il était bien là, tassé au creux de la banalité quotidienne, dans cette petite ville de province léthargique.

kalinka | 17 h 34 | Rubrique : bobologie

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Mercredi 07 Mars 2007.

Brûler l'idole

Pour cause de deuil affectif à très haute teneur lacrymogène, j’ai eu pendant quelques temps un mal certain à me rendre à Toulouse. Un mal de chien plutôt, une impossibilité à m’acheminer là-bas, que ça tergiversait, ça se chamboulait et ça se révoltait. J’en voulais à la terre entière, à son choix surtout, à son terrible abandon, au reflux de mes peines et de mes joies dans ces terres occitanes que je ne concevais pas aborder sans au moins l’entrapercevoir, et pourquoi pas l’entendre, et pourquoi pas la toucher, et pourquoi pas la ramener dans mes bagages ? Je l’invitais au restaurant, on se prenait la main et un regard doux et un sourire entendu et puis nous sortions de table tous deux repus de désir, laissant intouchés le canard dans les assiettes. Marchant dans la rue Bayard que tu détestais tant tu t’en foutais et tu serrais ma taille, ta main qui pinçait mes poignets d’amour idéals à me faire hurler de douleur, à m’arracher un lambeau de chair, et j’aimais ma douleur et je me sentais exister à nouveau. Le train nous attendait à Matabiau, nous rapatriions notre amour à Paris, la nuit nous enveloppait et illuminait les lumières de la ville qui lentement au loin se terraient sous l’horizon, et on s’embrassait dans le ronronnement des roues sur les rails rr-rr rr-rr-rr rr-rr rr-rr-rr dans ce compartiment vide. Ta main désormais douce et réconciliée se glissait sous mon pull d’hiver, et je respirais ton cou comme si enfin je respirais à nouveau, comme si enfin à nouveau je respirais l’odeur de la planète Terre.

 

Et puis le corps malingre et souffreteux rentrait dans sa coquille, j’hésitais puis finalement je renonçais, je disparaissais dans les larmes et le vide si épais de ton absence « non vraiment ce n’est pas possible les amis, trop de souvenirs et trop de désespoir qui m’attendent et votre accueil et votre réconfort n’y pourront rien. » Je raccrochais le téléphone et j’enrageais d’impuissance et de renoncement sans fin. Et… Et.

 

PARISTOULOUSE  1  73.00 €

Aller : le Mercredi 07/03 de 22h56  03751

Retour : le Dimanche 11/03 de 17h31  03692

 

Et je suis guéri ?

 

(Concerts post-rockiens à la chaîne au mois de mai :

-          Low, Café de la Danse, 20 mai 2007, ??h ??,

-          Do make say think, La maroquinerie, 22 mai 2007, 19h30,

-          The Battles, La maroquinerie, 26 mai 2007, 19h30.

 

Alors les aminches près pour l’orgie ? Et ce Low, là, ça ne vous dit rien ? des Arcades ? Nîmes ? Radiohead ? mmm ? Me dîtes pas que décidément non j’ai la flemme parce que cela ne passera tout bonnement PAS.)

kalinka | 20 h 12 | Rubrique : bobologie

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