in/divisible

Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

in/visibles

passé

tiens-tiens ?

Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

hy/ppostrophe

expressway to your skull, rockn'roll culturation

Quand tu auras passé trente ans de ta vie à mettre au point de subtiles méthodes psycho-pédiatriques, médico-pédagogiques, psychanalo-pédotechniques, à la veille de la retraite, tu prendras une bonne charge de dynamite et tu iras discrètement faire sauter quelques pâtés de maisons dans un quartier de taudis. Et en une seconde, tu auras fait plus de travail qu'en trente ans.
Fernand Deligny, Graine de Crapule.

Jeudi 29 Mars 2007.

moi l'respect ça m'connait

Alors bien évidemment lorsqu’on veut un tant soit peu de punkitude vibes il faut les chercher là où elles se trouvent… M. s’en donnait à cœur joie ce soir là, c’était encore à la Générale, quelle brutasse cette nana ! Et pendant que je me tenais en retrait avec nos deux verres de rhum, elle envoyait valdinguer les plus costauds dans les cordes, y avait des coups de docs qui se perdaient j’en avais mal pour eux. Rock N’ Roll la soirée, donc, et j’en parlais justement avec V. que je ne reconnaissais pas tout de suite rapport à la perruque, et je m’étonnais que cette autre histoire parallèle du lointain Sud se pointe elle aussi dans la grand-ville, étonnantes ces perspectives, une dans chaque œil et le pétard entre les lèvres, nous vivons tous dans un sous-marin de poche noyé dans la masse des corps et, petit nymphomane pervers que je suis, le bataillon entier serait passé sur moi… Putassière ma vie avais-je annoncé précédemment, ça vous pouvez me croire, et finalement quelle importance ?

Dansons, donc, et j’avais oublié à quel point se trémousser pouvait être surprenant, et quel besoin as-tu, bidule, de me justifier pendant une heure que tu ne souhaitais que danser avec elle ? Ben quoi elle te plait pas ma copine ? Elle s’enverrait des mecs que pour l’odeur de leur parfum, tu ne savais pas ? Et sur fond d’une surf music que je n’aurais jamais imaginé être aussi stimulante, je te proposais une partouze histoire de te dérouiller la boîte à déraison - ta logorrhée s’en figea instantanément…

Il est des choses pour lesquelles il ne semble pas y avoir besoin de ces lois iniques pétries de bonnes intentions hypocrites comme celle qui figure désormais au frontispice de toutes les salles de concert homologuées, Liberté-Egalité-Sororité-Ne-pas-fumer, Faîtes-vous-aider pour la petite touche de prévention, et de ces choses le cul fait bien parti. Pas besoin de lois, les individus y vont toujours de leurs petites remarques désobligeantes, « je suis un garçon, toi aussi, et je te dois le respect à toi et à ta copine ». Respect de quoi, j’me l’demande, et tu me prends à part pour me raconter toutes ces imbécillités conformistes, le pétard au bec y perdait de son goût punkitudinal, à croire que le respect passait surtout par moi – comme le das’ si je continue comme ça – et ne s’adressait qu’à moi et ma gameboy et non à une quelconque tierce personne : l’Universel au masculin (le neutre si vous préférez), c’est décidément à la portée de n’importe quel tocard.

kalinka | 02 h 51 | Rubrique : jgling/jgling

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Dimanche 04 Mars 2007.

De choses et d'autres

Me voilà tout guilleret au petit matin, relativement in/divisé pour une fois, rassemblé et compact comme une orange dans une paume refermée, et je voulais faire un peu de musique et écouter l’enfer en moi, m’asseoir sur mon petit tabouret d’échardes et transformer l’atmosphère en un énorme beuglement ininterrompu. Ah ben oui mais non ce serait oublié que tu ne vis pas tout seul mon con, que tu es un incapable même pas foutu d’avoir un appart’ à ton nom. Quasi-squatteur je suis, alors pour ce qui est du Jgling/jgling, va falloir la jouer serrer… Et du coup j’éclate à nouveau, comme une vérité mal digérée, je m’éparpille en d’infinis atomes d’aigreurs et de passions, mon front se tord et s’échappe de ma bouche l’incommensurable frustration : « et merde… (joder)».


N., viens à mon secours ! Espérons que ce pacte aromatisé au punch nous donnera des ailes, en tout cas le désir y est, tu vois je n’attends que cela, jouer un peu mais très fort, jouer en petits amateurs et passionnément, jouer pendant les heures creuses, de cinq à sept, fébrilement, à l’abri des regards, dissimulés et honteux comme de vulgaires amants aux horizons limités… Jouir dans la pénombre des accords distendus, affronter les stridences et les harmoniques (harmonics) et tendre (bend) les notes (tones et non pas notes, parce que de ces dernières we don’t give a shit)1 jusqu’à l’effritement la dernière respiration.


J’ai raté quelque chose d’énorme il y a peu et je ne cesse de le regretter. Ce concert2, ce n’est pas que je ne savais pas, je le surveillais du coin de l’œil, je le désirais. Tortoise et The Ex se produisaient ensemble, et quand je dis ensemble, c’est en même temps. Ils se sont croisés pour de vrai, eux n’ont pas lésiné sur l’abandon d’égo, ils se sont fondus le temps d’un souffle, ils ont oublié leurs petites histoires vécues et les ont livrées aux dieux indifférents de leur art hybride.


Je n’y étais pas, je l’ai vu passer comme une vache regarde passer les trains (Meeeuh…) quand il y avait tant à prendre de cette expérience si mature. Maturité oui le mot est lâché, si cette dernière consiste en l’abandon de son quant-à-soi, si être mature c’est savoir déchirer l’hymen de la fatuité ou de la peur de l’humiliation, si être mature c’est savoir être preneur de la violence que d’autres vous offrent et apprécier ce don comme la première caresse partagée. Mature je ne suis pas, et « (so) far away, so closed » me susurre ma Juliette personnelle, mon autre diffracté.


1 Et j’arrête avec mes âneries mes petites badineries mes petits clins d’oeil, mais j’ai trouvé ceci et c’est très utile (hou ! le tricheur !)

2 Tortoise + The Ex, Maison des Arts de Créteil, 16 février 2007.

kalinka | 13 h 52 | Rubrique : jgling/jgling

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Jeudi 08 Février 2007.

jgling/jgling/J - ?

Ah mais la technologie a du bon, elle nous fait jubiler comme des adolescents sidérés par quelque jeu transgressif et trivial : on s’exclame à coup de sm-58, on trucule du double-bobinage, on se vanne du 04-04, et qu’on trinque à la santé de la vb-2 stéréo… De la musique tout simplement, et le rock va être vénéneux il va être sombre et agressif, lumineux et doux, le tout à la fois si vous le voulez, mais il va être je le renifle je le sens. Déjà du monde dans la partie, c’est qu’on exulte on est tout excité et dans pas loin à vue d’oreille moi, Moi-même et d’autres qui voudra on va s’en mettre plein la patate.

Alors oui enfin du nouveau, elle a du bon cette technologie d’électronique minutieuse, elle se  prête à la caresse, elle se masturbe avec amour on va lui titiller le point G, mordre les potards et la brancher dans tous les sens. C’est qu’elle doit être aimée à la hauteur de ce qu’elle nous donne, à plein tube ça va être furieux et limpide, oui limpide, parce que l’évidence ça ne se discute pas, ça s’adule.

kalinka | 21 h 02 | Rubrique : jgling/jgling

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