in/divisible

Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

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tiens-tiens ?

Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

Dimanche 21 Janvier 2007.

burnt out satellite of love

Satellite artificiel dans un ciel de pleine lune, je suis passé dans sa vie sans qu’elle m’ait distingué. L’astre phosphorescent dévorait la nuit sans fond de son halo verdâtre et puissant, les hoquets de mes clignotements étaient inopérants et je passais bientôt de l’autre côté de l’horizon ne cessant jusqu’au dernier moment mes bien trop faibles appels. Une brève seconde j’avais cru que son regard croisait ma trajectoire et je tendais mon unique lampion dans sa direction avec l’énergie d’un espoir soudain renouvelé. Je saisissais cette chance parce qu’elle était la seule, parce qu’alors je voyais ses yeux ardents brillant avec une densité que je ne leur connaissais pas, énormes et brûlants, dévorant de leur intense chaleur son visage même et la Terre que je contemplais de mes cieux isolés. Tout brûlait, et moi aussi je me consumais tant je croyais en mes folles illusions et en ce regard incandescent qui me fascinait comme un papillon de nuit ébloui par les éclairages urbains. Poursuivant inéluctablement ma destinée contrainte, je m’éloignais pourtant d’elle, de son regard et de mes prétentions. J’espérais pourtant qu’à un moment, elle partagerait avec moi ce sentiment de tristesse infinie qui me tenaillait alors, un petit peu, imperceptiblement même, que nos êtres fusionneraient idéalement à la chaleur de ses terribles iris.

Mais bientôt je déchantais, il me fallut me rendre à l’évidence et accepter que ce regard ne m’était pas destiné. L’hypnose s’effondrait tout autant que mes ambitions lamentables, et la fureur m’envahît lorsque je compris que l’intensité de son feu se tournait non vers moi mais vers la lune éblouissante, que son regard était happé et réfléchissait même la lumière blanche du satellite naturel dont elle s’était faite l’Icare amouraché. La lumière diffuse à la frontière de la nuit eût raison de ma volonté, me laissant comme hagard, définitivement solitaire.

kalinka | 23 h 36 | Rubrique : bobologie

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