in/divisible

Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

passé

tiens-tiens ?

Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

Dimanche 18 Mars 2007.

désinvestissement

La vie s’avance masquée, vieil air connu ; elle s’ingénie à déstabiliser les pythies modernes les plus patientes et les plus obtuses, elle laisse pantois les augures de notre temps et les abandonne bégayants devant leurs jouets sophistiqués. Le futur est une Idée, c’est une Babel que grands enfants nous nous efforçons de reconstruire encore et encore, et encore et encore la vie sans trame congédie nos projets les plus ancrés, les principes de ce qui nous constitue, le peu de valeurs que nous mettons en branle pour tenir dans la tempête.

Je suis étrangement absent de moi-même cette nuit, je suis étranger cette nuit, je me suis retiré de ma carcasse et mon enveloppe ne réchauffe plus rien que quelques bouts de tuyau négligés. Cette vacance de tout devenir, ce serpent de chair enroulé autour de rien, cet ersatz d’être qui ne tient qu’au réflexe bio-mécanique des particules et des organes agrippés au temps, j’en ressens la fatuité tragi-comique : tragédie de la banalité, comédie du ridicule.

Je m‘étais il y a peu incrusté en moi-même, convaincu de m’y tenir enfin, persuadé que, peut-être, je saurai après tout m’y tenir tranquille et nettoyer dans les coins et m’investir à l’épanouissement de ma demeure carnée. Pourrissement, oui ! Et je me sens aussi vétuste et insalubre qu’une lope fripée et incontinente.

Vieille rengaine aussi : celle de l’humanité… L’humanité et son cortège de bégaiements affectifs, ses frivolités essentielles, ses passions interchangeables. On vous accorde l’estime, on vous jure l’absolu ; on vous compare sans retenue, on se dispense de vos services… Autant de bio-mécaniques s’affolant dans l’infini à borner le réel, s’escrimant à respirer dans l’air confiné le sexe offert au tout-venant, l’oxygène n’y est pour rien, c’est l’emboîtage qui compte, les ronds dans les ronds et les carrés idem : autre Babel vouée à l’échec à la déception, il n’y a rien dans la passion, rien dans la frivolité, rien dans l’affection, rien dans l’humanité, rien d’autre que l’illusion d’un futur confortable et d’une retraite sans fin. Sans finalité.

Capituler.

kalinka | 01 h 39 | Rubrique : bobologie

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