Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.
Voterais-je pour un handicapé ? Telle est la question que je me pose en lisant ceci, déclaration de candidature de J.-C. Parisot.
Bien sûr, il serait ô combien facile de continuer à vitupérer les anicroches successives des deux candidats en tête des sondages, de cracher sur l’un et sur l’autre de façon plus ou moins légitime, concluant qu’on ne voterait ni pour l’un, ni pour l’autre. On répond en ce sens à l’injonction des « consensuels » (cf dubitatisme #1) de front, et on neutralise ainsi le « vote efficace » de gauche. Il est vrai que cette histoire du vote-à-gauche-qui-donnera-quand-même-des-capacités-de-manœuvre à nous autres gauchistes « anti-libéraux » n’est pas si évidente.
A titre d’illustration, je nous renvoie ici aux dires d’un responsable de Club de prévention d’un patelin un peu décimé, qui m’indiquait que ç’avait été le passage à droite de sa commune qui avait été, malgré ses craintes, porteur de l’affectation de subventions, le maire PS précédent se contentant pour sa part d’un oui-oui non suivi d’effet. Sans généralisation abusive, donc, le petit jeu des accointances partisanes n’est pas au principe des politiques locales, loin s’en faut. On pourrait même dire qu’il est souvent électoralement dangereux pour un parti politique fortement visibilisé de donner un coup de main à des partis ou des groupes de pression « citoyens » qui, sans se situer dans son giron, admettent quelque rapprochement idéologique. Question de clarté de l’identité, et bien évidemment lieu de tous les crocs-en-jambe politiciens.
Mais en se focalisant à l’envie sur les deux croquemitaines du PS et de l’UMP, arguant du seul choix qui reste, l’abstention, bien pire que de ne prendre aucun risque, on gomme les autres candidats. Certes, le parti anti-libéral qui était lui aussi l’objet d’un intérêt de la part des journalistes a chu, mais cela ne veut pas dire qu’après lui, le désert… Et ainsi, les abstentionnistes qui se disent politisés – parce que critiquant amèrement les candidats en tête – ne font que prolonger, et c’est bien dommage, le jeu de diffusion médiatique simpliste, laissent accroire qu’il n’existe que deux candidats en concurrence. C’est certes statistiquement vrai, c’est pourtant idéologiquement faux. A vous de juger, donc.
kalinka | 13 h 25 | Rubrique : polyo/tics
Commentaires
Interdiction inconditionnelle du pop-corn au cinéma
Nikita Mère
28/01/07 à 20:14
On peut savoir pourquoi on ne vote pas, aussi...
Ne pas voter, ce n'est pas ne pas choisir entre les deux, mais entre tous les candidats. Pourquoi suspecter que l'abstention serait une simple fuite du débat simplifié ? Elle est en ce qui me concerne le constat de l'absence de débat. Et bien plus que le « débat », moi, ce qui m'intéresse, c'est les actes. Le seul truc utile, à savoir un parti avec des couilles, envoyant chier les lobbies et appliquant un vrai programme de nationalisation (eau, énergie, communications...), de logement et de décroissance soutenable, n'existe pas, ou alors pas sérieusement. Les candidats écolos étant les clowns sectaires qu'on connaît, il ne reste pas franchement beaucoup d'espace. Les trotskistes, c'est réglé depuis longtemps. Le pôle soralo-dieudo-lepéniste, bon, ben, c'est le folklore, ça amuse la galerie. (Second tour ou pas ? Je continue à penser que oui. On voit déjà Royal commencer à se vautrer comme l'incapable à laquelle elle ressemble depuis qu'elle est sortie du bois. Le Pen va lui piquer 5% à ce train-là. Ça vient vite, une débâcle.)
Et l'élection à deux tours oblige chacun à « voter utile », qu'il le veuille ou non ; qu'il se la joue « vote pur » au premier tour ou pas. On s'en fout camarade : tu vas devoir faire un choix entre deux populistes et je te souhaite bien du plaisir. À la rigueur, Bayrou, parce qu'il n'a pas d'espoir réel, est le type qui a jusqu'à maintenant le discours le plus républicain et le plus ferme contre le capital — ça situe quand même un peu les Besancenot et compagnie, non ?
C'est le régime présidentiel qu'il faut combattre (on y vient). Cette élection ne sert à rien d'autre qu'à alimenter le populisme des candidats. Ne pas y participer serait un devoir civique que ça ne m'étonnerait qu'à moitié.
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enfin un peu de politique
kalinka
28/01/07 à 21:02
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← Re: enfin un peu de politique
Nikita Mère
28/01/07 à 23:04
Au sujet de ton tétraplégique préféré ? C'est qui ?
J'en sais rien, j'ai pas d'avis sur la question des handicapés, à part que c'est plutôt bien de ne pas les prendre pour des handicapés.
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kalinka
28/01/07 à 23:18
aaaah tu ne suis pas les épisodes... L'abus de blog te rend bigleux, mon bon ami ! J-C Parisot, candidat à la présidentielle. cf l'article que nous contentons ici-même, première phrase. Suis-je si peu lisible ?
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← Re:
kalinka
28/01/07 à 23:46
Oups le lapsus : il ne fallait pas lire "contenter" mais bien "commenter"... Je ne m'attarderai pas là-dessus, puisque le salon psychanalyse, c'est en face...
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