Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.
Il eût été plus constructif qu’ils s’offusquent des fautes d’orthographe à répétition, de la lourdeur ampoulée de mon style d’écriture – en chantier, de l’inintérêt de mes petites contines solitaires, tout plutôt que cette inquiétude compatissante. Que les amis peuvent être à côté de la plaque parfois ! On se retourne l’estomac pour s’ausculter les entrailles, on malaxe du quotidien les mains dans la merde, on déforme et on ment comme un arracheur de dents, on fabrique de la cohérence là où, invariablement c’est le chaos qui prédomine, on se livre une guerre perpétuelle d’éternel vaincu et, sur le ton de la confidence, un regard inquiet et perplexe de rigueur, on vous hurle à voix basse que décidément non ça n’a pas l’air d’aller, que vous êtes de mauvaise foi, que tout cela fleure bon la dépression, et que oui vous avez changé.
Comme il est étrange d’avoir à justifier de l’état de ses sentiments, d'avoir à rassurer patiemment les âmes en détresse que non, tout cela peut tout aussi bien être vrai qu’être faux, que ça dépend des jours, du goût de la première cigarette ou de l’amertume du premier café. Lorsque la pluie cessera, il est probable que je rejoigne A. et que nous mangions des huîtres à nous en péter l’bidon : voici une proposition que d’aucun jugera vrai ou non, et peu m’importe. Pleut-il ? Quelle est donc cette histoire d’huîtres ? Qui est A. ? Êtes vous bien assurés qu’il s’agisse toujours de la même personne ? Est-il matériellement possible de se péter le bidon à coup d'huîtres ? Il n’y a rien de vrai là-dedans parce que, mieux que la vérité, tout cela est écrit, juste écrit.
J’aurai dû faire un blog consacré à mes histoires de cul forcément dérisoires, manipulées, frustrantes ou à la désillusion terne qui m’habite depuis la préadolescence, comme tant d’autres, comme ça j’aurais donné du grain à moudre aux décrypteurs d’autobiographie… Je manque décidément de discernement.
kalinka | 18 h 26 | Rubrique : poubelle de l'histoire | Màj : 07/02/07 à 09 h 51
Commentaires
Ah bein voilà
gc
28/01/07 à 02:48
L'échec est bien celui-là, nous n'arrivons pas du tout à aller au-delà de nous mêmes, on le prétend mais notre écriture, ou nos prises de têtes, nos masturbations ne passent pas de là, et nous sommes lus comme nous sommes lus, nous ne méritons que ça.
Pour savoir qu'un blog n'est qu'une vaste blague il faut en faire un, je suppose (J'ai eu droit aussi -encore- à des explications, à des mais "non, ne prend pas ça pour toi", ce soir, encore une fois. Je devrais me lancer dans le postage de critique musicale -le porno chic j'y arrive pas-, mais non, ça ne m'intéresse pas).
Répondre à ce commentaire
oui m'enfin bon
kalinka
28/01/07 à 17:30
Répondre à ce commentaire
← Re: oui m'enfin bon
gc
28/01/07 à 21:03
Vive la mauvaise foi, voisin, la mauvaise foi est notre salut. J'en suis capable même de visu!
Répondre à ce commentaire
Achtung Minen
Nikita Mère
28/01/07 à 19:42
Bon, eh ben hop, puisque tu demandes, pour commencer, dans le cul les comptines !
(On s'en tape complètement de l'orthographe, et tu fais ton faux modeste, en l'occurrence : il y en a bien trop peu, pas plus qu'ailleurs, et tu le sais très bien. Et de toute façon ça n'a aucun intérêt.)
La « lourdeur ampoulée » était effectivement flippante et irritante (et ne donnait pas envie de lire le reste !). A priori, elle est en train de disparaître, non ? C'est bien. L'élaguage, y a que ça de vrai. Et puis le coup du cochon de lecteur qui comprend pas l'intérêt caché du texte, hein, franchement...
Cela dit, si derrière la lourdeur (pas la lourdeur : la confusion ; Proust est lourd) on n'a soudain à manger que ta psychanalyse toute personnelle — dont on peut grave douter de l'efficacité, quand on sait quelles névroses crée l'addiction au virtuel — il ne faudra pas t'étonner si dans certaines cuisines bien concrètes, en fin de soirée, tu ne récoltes que commisération et inquiétude. De plus, écrire pour un public, c'est prendre ce risque de l'incompréhension. Si tu voulais travailler tout seul dans ton coin, tu n'aurais pas fait ça sur le Net et tu n'aurais pas envoyé l'adresse aux gens...
Allez, rebondis, chope un peu la haine, envoie chier tous ces cons qui te donnent des leçons (moi le premier). Ça les rassurera que tu sortes de cette compréhension masochiste. Tout sauf ça ! Quand je mets un coup, je dois en prendre un.
Tu devrais écrire des pamphlets racistes, ou homophobes, ça te ferait du bien, j'en suis sûr. Fuck le bon goût, c'est vital parfois.
Répondre à ce commentaire
← Re: Achtung Minen
Nikita Mère
28/01/07 à 19:44
Évidemment, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, mais tu peux utilement me coller mon élaguage au cul.
Répondre à ce commentaire
← Re: Re: Achtung Minen
kalinka
28/01/07 à 20:48
Répondre à ce commentaire
← Re: Re: Re: Achtung Minen
Nikita Mère
28/01/07 à 23:02
Ouais mais je précise quand même : ce que je dis sur la psychanalyse ne s'applique pas au texte plutôt drôle dont tu parles, mais bien à l'ensemble du projet...
Répondre à ce commentaire
← Re: Re: Re: Re: Achtung Minen
kalinka
28/01/07 à 23:35
Répondre à ce commentaire