in/divisible

Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

passé

tiens-tiens ?

Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

Lundi 16 Avril 2007.

I am not a number, i am a free man !

Pris au dépourvu, grand bien m’en prit, et ce soir là à La Générale pour le vernissage de Lux, je me voyais collé à la toile compulsive de mes petites lubies faussement sexuelles et obsessionnellement affectives. Première petite claque incisive que tu m’offrais, Violaine, et je t’en remercie mais ce n’est pas tout… En me découvrant noyé dans le réseau dense de tes amours hoquetants, c’est aussi à la postérité que tu m’invitais à réfléchir : figé dans le gel de l’œuvre, « Petit moi-même » s’en trouvait bien amusé de se voir perpétué en coup d’un soir arithmétiquement dans la moyenne. Sexe, mort, cocktail classique à sans cesse remâcher, l’énigme n’est jamais consommée et je riais de me voir si ordinaire en ce miroir. Ton propos plut, sache-le, et nous fûmes nombreux à nous gausser de nos petites aventures lubriques, ce à quoi ta proposition artistique nous invitait.

L’objet de ces louanges se compose ainsi : deux rétroprojecteurs illuminent côte à côté un mur blanc. Dans les carrés de lumière apparaissent quatre tableaux statistiques résumant deux années d’échanges séminaux.
Le premier tableau est un index numérotant chronologiquement le passage de chacun des partenaires dans ton histoire. Coincé entre un « Le Turc », un « Carrefour » et autre « Québécois N°2 », j’appréciais ce sobriquet mignonnet dont tu m’affligeais affectueusement. Mais déjà, N°23 que j’étais devenu, il me fallait passer au tableau suivant.
La durée de la relation traduite en camembert coloré plongeait la singularité fantasmée de mon ego dans la foule ramassée des « 1 heure et + ».
Le troisième tableau quant à lui résume ton propre taux d’activité érotique, avec ses moments creux et ses envolées sexuelles, et enfin, très apprécié, le quatrième tableau de petites barres offraient la perspective de la qualité de la relation proprement dite, pour le partenaire et pour toi-même : de ++ à --, je me retrouvais grosso modo à « plus ou moins », et tu me prêtais un plaisir légèrement supérieur : +.
Eminemment subjectif, j’en concluais que je t’avais laissé le souvenir de quelqu’un de valorisant, à défaut de t’avoir laissé un souvenir inoubliable au plumard, à défaut tout autant de pouvoir réellement comparer le plaisir que chacun d’entre nous avait pris alors - moi, toi, les autres ; 2004, c’est si loin, et c’est devant mon nez…

Je m’amusais de cette projection catapultante de mes interventions tartuffesques dans la vie d’autrui, et je m’en amusais parce que nous avions rendez-vous, oui Madame, nous avions rendez-vous dans ce même lieu avec E., une bonne semaine de présence/absence qu’on se tournait autour, et la soirée ne faisait que commencer. Quel N° suis-je dans sa vie ? Quelle aune d’émotion nous procurerons nous ? « Tu me fais peur », me dit E. au petit matin alors que nous nous étreignons entre quat’z’yeux tout en haut du parc de Belleville. Et sa peur m’angoisse et je tiens à elle, pensais-je, et je souhaite être autre chose qu’un numéro dans son propre tableau rétroprojeté. Faites sortir l’illusion par la porte, elle vous revient dans la gueule par la fenêtre. L’absurdité de la condition humaine est sans fin, me glisse Camus que je redécouvre avidement sous le soleil, exactement : Starring at the sea, starring at the sun…

kalinka | 13 h 40 | Rubrique : bobologie | Màj : 16/04/07 à 17 h 54

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