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Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

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Samedi 07 Avril 2007.

Jargon du secteur 1

poser un cadre

Comme d’une fenêtre dont on aurait oublié de fabriquer le mur, tout autour, les horizons semblent manquer aux êtres assistés. Sont-ils ivres d’une lumière sans ombre, collés aux protons d’un soleil éblouissant, les iris figés dans l’infini ? Ils vont-ils viennent sans but et sans projet, sans repères, assimilés aux stéréotypes lancinants d’une dinguerie errante et compulsive. Poser un cadre, alors, inscrire dans l’insigne fluidité des impressions la discontinuité de l’ordre du monde, séparer l’Autrui, imputer du truisme, révéler le banal et l’exceptionnel… Et voilà le travail ! Travail ?

Torturer de l’angoisse pour fabriquer de l’autonomie, manipuler l’être au nom de la Loi par soi-même – au Nom de la Loi, je m’arrête ! -, violente utopie que celle de l’énonciation de la trivialité à dessein performatif - Que la Lumière soit, et la Lumière fut ! -, la norme du parlêtre dit bien là ses aspirations dogmatiques, norme subjective qui sans limite borne l’inconsistance du monde.

En voilà une drôle de mission, en voilà de drôles de prêtres… prévenir, acte de foi visant à savoir ce qui ne doit pas être, à infliger comme en creux la solidité du cadre, et alarmer sans répit en imposant l’angoisse des confins.  Comme d’un serpent qui se mord la queue, il semble que le fait de poser un cadre n’est d’autre finale utilité que d’asseoir le rôle de l’éducateur dans une fonction aux contours bien délimités, de le rassurer quant à sa présence et ses coordonnées dans l’ordre de la division du travail social.

L’encadrant cadré, en résumé.

kalinka | 20 h 23 | Rubrique : re/dressage social

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