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Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

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tiens-tiens ?

Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

Lundi 09 Avril 2007.

jargon du secteur 2

Autonomie

S’inscrire dans l’agir conforme n’est pas un donné pour tous et, il faut bien le dire, reste un acquis fragile. Son écueil réside avant tout dans son irrationalité principielle : point de bonne raison suffisante au désir, ni à la haine d’ailleurs. La justification, c’est après, quand les actes sont consommés. Et il en faut pourtant de cette insoluble mystique des affects pour s’arrimer un tant soi peu à nos destins convenus de grandes plantes sociétales !

Reste à laisser un peu de place à son prochain, à ne pas lui piquer son champ de potentialités… Autre affaire que voilà, autre affaire que de projeter en soi les p’tites histoires de tout un chacun, que de ne pas s’envahir les uns les autres, et s’approprier pourtant des destinées aux trajectoires confuses et morcelées. Petites stratégies donc qui consistent à proposer à autrui ce qu’il nous donne à voir, à s’identifier en creux dans les instances multiples des paraître : j’aurai essayé, en somme, et la justesse ici compte pour bien peu.

Paradoxale, l’autonomie ? Désir d’agir, désir de s’interdire, et, il le faut bien, désir de se battre, parce qu’advenir : le monde n’est pas une communauté hippie, l’autonomie c’est du pouvoir en intention. Et de ce côté qui pourrait dire ce que les règles de vie de demain seront ? Alors énoncez, bien évidemment. Je désire : le travail, les enfants, me lever tôt le matin, aider mon prochain, mon réseau social, me laver, me former, le salariat, la citoyenneté, et je m’aime en résumé… Je s’interdit : le vol, la crasse, la violence, la transgression, les psychotropes, le mensonge, l’intolérance, la luxure, le grand Capital… et je me déteste, en un mot ?

Rentrons dans le vif de la fonction : éduquez à l’autonomie, telle est l’injonction qui vous est faite. On vous dira, vite fait bien fait, qu’il y a de la règle et qu’il y a du Soi. Et la loi, ici, celle du Livre, le juridique, n’y est pour rien. Il n’y a pas de Constitution ni d’article en Soi - si ce n’est celui de la mort, et c’est pour après, a priori. A cette mystique là, d’autres préférerons celle de l’être-sexe : on serait dans la pulsion, machines symboliques à mastiquer des mécanismes. Le désir c’est du cul plus ou moins métaphorique, de la jouissance. Ce conte là a au moins le mérite d’investir l’Interdit, et en cela il a du bon. Mais attention cependant à la fascination : on a vite fait de tirer des conclusions figées de la mélasse psycho-logique. La pulsion automatique ou autogénérée reste une fiction ; irrationnelle disais-je, l’autonomie, et ses supports sont mouvants, synchroniquement et diachroniquement, parce qu'hétéronomes. Laissons donc de côté les généralisations abusives : les femmes ne souhaitent pas nécessairement avoir des enfants, les hommes ne sont pas nécessairement des phallus sur pattes, les enfants n’aiment pas nécessairement leurs parents, on a pas nécessairement besoin d’un papa et d’une maman, etc. Foin de la norme et des valeurs, mais alors que vous reste-t-il à inculquer ? Peut-être le fait que la vie n’est qu’un bref moment, pour Soi et pour Autrui aussi, tout simplement… Simplement dans les mots, mais dans les actes ? Oh, et puis chacun son boulot, après tout.

kalinka | 01 h 05 | Rubrique : re/dressage social | Màj : 16/04/07 à 17 h 59

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