Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.
Assise sur ma maigre carcasse, elle ondule son bassin en serrant fort ses bras autour de mon cou. Sa main tricote mes bouclettes avec douceur et s’agrippe par intermittence à ma nuque. Le plaisir roule dans sa bouche aimante, elle le sculpte et me le susurre à l’oreille et j’écoute je sens la chaleur envoûtante de son haleine humide et je me délecte de sa respiration, ses halètements et ses soupirs qui me font chavirer me procurent une joie intense et des frissons énamourés de la tête aux pieds.
Que j’aime ces petits jeux de rien qui font tous les plaisirs de l’amour, ces choix que l’on fait de se mentir, d’exagérer et d’amplifier ce que l’ont ressent, de se faire pour mieux être, de se masturber ses petits mythes personnels pour mieux dire le plaisir à sentir la caresse sur sa peau dans son sexe, sur soi/en soi, de s’autoproduire de la jouissance pour toujours tenter de la partager – douce vanité, de se remonter la machine à titiller les sens pour mieux l’attribuer à l’autre, d’écouter les tremolos palpitants de l’excitation et de les accompagner des douces comptines de nos pensées les plus cochonnes. Simuler, n’en déplaise aux esprits obtus d’un autre temps, est, bien plus qu’un choix, une nécessité.
J’entends bien souvent et ça me crispe (mais je garde mon sang-froid, me croirez-vous ?) d’aucun vanter les vertus naturels du plaisir, cet être venu d’ailleurs ou plus exactement d’un je-ne-sais-où ancré en soi comme un cancer indécrottable, un reste d’instinct ou plutôt son cœur même, la preuve irréfutable que oui la jouissance vient d’elle-même et qu’elle ne se décide pas. On peut même se servir de ce dogme intemporel pour justifier d’unions sentimentales ou contractuelles, arguant que bien évidemment l’amour et la destinée ont décidé de cette union, qui de toute façon n’aurait pu ne pas se faire. Alors pour sûr ce sont bien des corps qui se chahutent et se bercent se frottent et s’entrechoquent. Oui bien sûr qu’on joue avec notre sueur, que c’est bien la matérialité de la peau et de la chair des sexes qui sont en jeu, qui arrosent tant et plus se gonflent et respirent comme des poumons après
Pour finir, les meilleurs moments sont ceux qui s’éternisent et raisonnent dans les corps alors que les zizis sont mous et les zézettes asséchées, preuve de plus de l’immatérialité des plaisirs charnels. Voici une histoire de cul qui n’a rien d’érotique, mais une insomnie vous le savez bien ça ne se commande pas…
kalinka | 03 h 30 | Rubrique : socio-lego