Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.
J’y suis arrivé au bout du compte à cette solitude que je souhaitais sans trop y prendre garde, ça soulage, ah oui rétrospectivement j’y aspirais depuis – depuis quand ? « Depuis suffisamment longtemps, depuis trop longtemps, mais tu as perdu toute capacité de proprioception. Tu ne sais tout simplement plus ce que te dit ton propre corps. » me dit ma Juliette introspective, celle qui éperdue et transie est bien la seule à m’arrimer au temps qui passe. C’est vrai je m’abîmais dans la contemplation nombriliste de ma sociabilité sans même m’apercevoir du fait que la seule personne pour qui je sois réellement irremplaçable, celle qui risque quoi que ce soit à me perdre, hélas oui c’est bien moi-même, moi-même et personne d’autre : le reste n’est qu’illusion, le reste n’est absolument pas persuadé que j’existe… Il y croit parfois un peu, mais le mirage disparaît bien vite et c’est l’oubli qui surgit, banal et terriblement humain - encore une sombre auto-hypnose collective pour mieux se persuader de ne pas crever ?
Alors oui Juliette de mes deux j’accepte de te poursuivre, j’accepte ta mémoire sans fin, je vois ton dos qui au loin marche et marche encore et je pourchasse tes pas furtifs qui voient tout et décèlent ma présence tes pas qui toujours me devancent et m’obligent à crapahuter à marche forcée. Il me faut fuir le présent, tendre vers ton éternelle gestation, m’agripper à ton être soumis au devenir, me faire une petite place dans cet entre-deux-mondes entre le fourre-tout de maintenant et la clarté d’un futur utopique, d’un futur sans lieu oui c’est le mot, ce futur où tu te tiens si bien au chaud ; l’espoir est un projet sans fin et sa finalité est juste de se souvenir et surtout de ne pas oublier un jour ou l’autre de crever.