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Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

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tiens-tiens ?

Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

Mardi 27 Février 2007.

Mode d'emploi pour exister : soyez lamentable.

On pourrait penser que, pour exister, faudrait voir à s’la filer douce, à dandiner sur le velours, à s’vautrer dans la soie, à s’la jouer menuet la partition d’amour… Alors vous filatez coton, vous exhumez d’la sensualité d’arc-en-ciel, vous embaumez le Sacré-Cœur, c’est la fête à neuneu version exutoire de paradis : faîtes-vous aimer d’amour ! Et ben pif dans le crac… La gentillesse ça fait pas des héros, juste des caniches à l’infini limité que nous dirait l’autre, vous aurez gagné un bon point pour le Ciel mais pour le raz-du-bitume, tintin ! Evidemment maintenant vous êtes éberlué parce que tout de même vos minauderies ça a du bon,  ça vous laisse des marges conséquentes dans le quotidien, certes ça a ses avantages et vous n’êtes pas du genre à lâcher l’acquis dans la fosse sceptique. Les paniers tressés le macramé certes ça berce mais question postérité avouez-le c’est pas bézef, on vous assortira d’un p’tit nom mignon tout plein et puis on vous rangera dans la malle à jouets à côté des nounousseries et des cochonneries barbiesques. La gentillesse ça produit pas des passionarias, que ça gamberge, que ça remue d’la guibolle gibolante et puis résultat ça papillonne pas des masses du tambour-major… C’est que vous créez le doute et bien évidemment ça vous fait pas une carapace de guerrier. Pour exister, une recette, une seule : soyez méchant… Et con.

 

Pour être méchant, une seule leçon suffit car en la matière le naturel est une arme absolue : soyez un enculeur de maman ! Brutal et égoïste, votre seul salut c’est l’accumulation. Peu importe la qualité, vous serez particulièrement attentif à votre rendement. Peu importe bien évidemment que vous baisiez mal, que vous baisiez à moitié ou que vous fassiez semblant, l’important est de  laisser un p’tit pipi au coin de la rue ; une bonne chose de faite et vos amis sauront reconnaître en vous l’âme de l’aventurier baroudeur urbain : « quel gros cochon ce Kalinka ! ». Un bon point, et ce n’est qu’un début.

 

Être méchant ne vous suffit pas, car vous êtes  un individu qui s’respecte : de la singularité, de la civilisation, ressaisissez-vous mon bonhomme ! Méchant ne rime pas à grand-chose pour vous, sinon à ne pas être gentil, ce qui ne veut rien dire. Qu’à cela ne tienne ! En plus d’être veau, soyez minable. Pour ce faire, vous devez y aller de votre touche de raffiné, faire illusion au moins la première demi-heure, laisser tâter de la contenance de votre inoffensive substance, ne surtout pas décevoir trop tôt : la véritable méchanceté se doit d’être diluée, hypocrite, salonarde, se distille au compte-goutte et se distribue à la pipette de laboratoire. Les vrais rats repus sont ceux qu’on n’envisage pas quand on recouche le bébé dans la soirée : faîtes le hamster, bien poli bien rassasié, donnez leur tout ce qu’elles demandent, sachez endormir leur vigilance, vous aurez toute la nuit pour les bouffer les lobes du nourrisson !

 

Nonobstant les sous-vêtements que vous prendrez grand soin de choisir de mauvais goût, n’hésitez pas à polluer l’autrui dans son espace de sommeil. Nulle victime qui ne dorme sur ses deux oreilles, tel est votre objectif. Je vous laisse bien évidemment choisir entre les différentes options qui s’offrent à vous, bouffez le lit ou pétez dedans, selon votre ambition et votre budget, mais n’hésitez pas à occuper ce moment d’intimité : c’est un point d’orgue du scénario racontable par votre victime courroucée. Un bon gros con velléitaire, votre sacerdoce du moment, ne saurait manquer ce rendez-vous et pour exister la condition sine qua non c’est de déplaire avec banalité : endormez-vous comme un pacha, ronflez-y et remettez-y une couche de désagréabletés, à ce p’tit jeu tout est bon à prendre ! Alors seulement vous comblerez cet espace de la mémoire injustement décrié, vous donnerez à vos partenaires le pain qu’elles réclament, et bien sûr si l’on ne souhaite plus votre présence, on réifiera avec complaisance votre absence, on vous traînera dans la boue avec délectation. La minablerie la méchanceté ça a du bon, c’est un très bon terreau pour l’inspiration d’l’autrui. Et puis ça ne manquera pas de faire jaser dans les salons avec une petite tape de condescendance victimiste accompagnée de petits cris d'orfraie scandalisé...

kalinka | 10 h 48 | Rubrique : bobologie

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