Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.
…ce métro est bondé de journaux gratuits tous les mêmes ça pue aïe je me demande ce qu’il devient ce gaillard elle s’est levée brutalement du strapontin ça vibre dans le dos et c’est énervant elle est belle happé son regard ? Du monde du monde je ne suis pas « Temple » elle ne regarde pas dans ma direction c’est ridicule « Temple » et pourquoi elle regarderait dans ma direction d’abord mais je vais voir une dernière fois son visage oui oui quand le métro redémarrera je la verrai sur le quai se dirigeant vers la sortie ce clochard pue la pisse la vinasse et la crasse le pauvre le salopard à venir en face de moi à puer comme ça tout à côté de moi son visage d’éternité tout contre le mien à mourir si vite j’ai peur moi aussi d’amasser de l’histoire comme si c’était un tribut un capital j’ai peur d’être mort et décharné et puer comme lui au bout du compte un cadavre est sorti du cercueil il est là et je serai lui je puerai aussi « République » c’est à moi rendez-vous vite en retard…
…la place est pleine de fous je t’attends sur les bancs dans les coins allongés le froc baissé morts ou vivants à peine mots à peine vibrants et sa voix de p’tite fille qui crécelle « vous m’aidez ? vous m’aidez ? vous m’aidez ? » comme un automate je te loue moi aussi mon aide ma charité une débile comme l’autre à gare de Lyon toujours au même endroit qu’est-ce qu’elles en disent elles et ils se moquent ces gros cons ils ont peur eux aussi elle est plus proche de toi que vous ne le croyez mais elle sait elle au moins qu’elle est débile on lui aura dit à l’école au foyer dans la rue et elle sait elle que nous sommes cruels et je prends ton prospectus que tu sors de ta poche de supermarché ce papier auquel tu as l’air de tenir tant avec Jésus qui fait des miracles à dormir debout ou à marcher sur l’eau n’importe quoi n’importe quoi pour tenir éveillé garder le peu de mots vibrer encore un peu « salut A. comment vas-tu ? »…