Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.
Ce « foyer pour personne dépressive » lancé via google m’interpelle. Il est venu à moi, entre un « quiproquo » et un « jgling », entre chien et loup sûrement, alors que je dispendiais mes péroraisons didactiques à tue-tête, fier et aveugle comme un candidat en campagne : « l’âge mental n’existe pas, et même pire, c’est un concept dangereux », ou encore « on ne dit pas elle est prise en charge sur l’hôtel social, mais à l’hôtel social, tout comme on ne dit pas qu’elle est allée sur le boucher, mais bien au boucher », etc.
- Moi je ne la fais plus cette faute, le coup du boucher tu nous l’avais fait l’année dernière, nous dit C. d’un air entendu.
Certes, l’une des qualités du formateur soucieux d’intéresser les étudiants est de se renouveler :
- On ne dit pas elle est allée sur le nègre, mais elle est allée au charbon.
La sémantique à caractère pornographique déserte mon blog et s’invite dans mon travail, où les mômes se font violer mieux qu’au cinéma et les femmes passent la douane en écartant les jambes pour atteindre les rives méridionales de l’Europe, et les gens sont prêts à mourir pour atteindre l’Eldorado via Ceuta, et ils meurent plus bas, toujours plus bas dans la corne africaine, parce que l’Europe exporte ses frontières en Afrique, toujours plus au sud, et ses frontières sont toujours plus meurtrières et jamais plus efficaces. Mais l’Europe y croit – Soral, ta rhétorique est naïve1.
Ce « foyer pour personne dépressive » m’interpelle, et je perçois les ressorts psychanalysants de ces post larmoyants et austères, tout comme je ressens la pornographie envahir ma vie affective : abandonnique, violente ; putassière, voyeuriste ; beurk, en un mot. Mon travail s’invite sur mon blog : « j'ai eu une psychose infantile et je suis guérie à adulte », « schizoide », « mdma toute les semaines », « codeine », « psychanalyse narcissique », « sortie hors du corps mode d"emploi », « je suis enceinte », « leçon de macramé ».
Pour synthétiser : « sperme partout ».
1 Comment insulter Soral, Soral le pestiféré-provocateur, tout a été vitupéré à son endroit ? Neuf livres, et la candeur s’acharne toujours sur toi, boxeur enthousiaste de boutonneux lambertiste…