in/divisible

Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

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Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

Mardi 20 Février 2007.

suspension virtuelle

Il faut attendre parfois pour exister des heures entières ou même des jours entiers, des jours longs et patients, infiniment patients, des jours qui n’en finissent pas de s’élancer de s’étirer. Des semaines entières parfois que je n’existe pas, et les secondes s’égrainent et j’attends attentif à ne pas savoir quoi foutre de mes mains obèses de toute cette horripilante nonchalance. Et si les autres savaient que je n’existe plus ? Ils me verraient sûrement d’un autre œil, ils me scruteraient méfiants et scrupuleux : « c’est bien vrai ce qu’on dit, tu n’existes plus ? » et je serais bien obligé de reconnaître que « oui, c’est bien vrai, je n’existe plus, et ce que tu vois est un songe fragile et ce que tu vois est un mirage que je projette et moi-même je commence à douter du subterfuge… ». Pour l’instant je sais garder le secret mais sûrement un jour ou l’autre l’écho de ma très faible présence disparaîtra. Et pourtant, l’écho me revient çà et là ; et pourtant le ping est faible mais bien présent.


Quand on attend pour exister c’est un peu une convalescence forcée sauf que la force on l’a elle se tient tapie dans un recoin serrée comme un poing, comme une tumeur qui brûle et qui vous flagelle les intestins. Vous n’êtes là que pour elle les orbites saillants à l’intérieur du corps à la recherche de votre poing fermé, douloureux et compact, à la recherche de votre tumeur de vie. A défaut de cesser au moins ça occupe. Mais attendre pour exister et tous les matins partir à la recherche d’une tumeur ce n’est pas vraiment une vie il faut bien le reconnaître : votre petite tumeur de vie dans sa tanière et le reste n’est que nécrose le reste est superflu, et un jour l’opium que distille sa si faible présence ne créera plus l’illusion. Pour l’instant je sais garder le secret mais un jour ou l’autre un quidam verra et me dira que la lumière n’est pas, et l’obscurité se fera.

kalinka | 17 h 23 | Rubrique : bobologie

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