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Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

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Mercredi 31 Janvier 2007.

tragédie et verveine-menthe


La tragédie à venir me fait déjà froid dans le dos, elle me cisaille l’estomac et met à mal ma poitrine affolée. Je le sais et je le savais cette nuit déjà lorsqu’à l’heure plus que vespérale je songeais les yeux écarquillés, je le savais hier déjà lorsque content de moi j’exhibais mes certitudes exaspérantes, je le sais et je la crains peut-être déjà depuis toujours, et je l’attends avec impatience maintenant qu’elle se fait plus proche et plus terrifiante.

La tragédie à venir sera de toute évidence longue et pénible harassante et têtue. Elle ne me laissera qu’enfin repue, elle me sucera la sueur et le sang et fripera mes os gobera mon sexe mes couilles me flagellera les entrailles et ne laissera derrière elle qu’une masse informe flapie déliquescente amorphe et incapable même de tout désespoir et de toute souffrance. Elle aura ma peau, elle me retournera comme un sac.

Cette tragédie dont je connais le nom, nom qu’il me suffirait de soupirer pour qu’enfin elle me terrasse, j’épie son absence avec la plus grande attention, je la sens se rassembler et s’assurer son destin de drame irréversible, je la sens gonfler comme un champignon de bombe A et aspirer le temps et ses possibles et je la sens condenser mon angoisse en une petite boule une petite pierre lourde comme mille siècles.

Cette tragédie dont je connais le nom et que j’aime et qui me terrorise brûle d’en finir elle aussi, elle boue et trépigne et épie ma présence scrute mes désirs sidère mes lèvres qui n’osent balbutier son nom. Elle le sait bien la sadique ça sortira c’est évident et elle me prendra et chiffonnera ce qu’il me reste d’espoir et jettera tout ça au feu pour en finir.

Je le sais pourtant un jour il le faudra bien qu'on en finisse et alors ma poitrine affolée se gonflera et dans un souffle je l’appellerai, cette tragédie à venir, celle dont je connais le nom, je la distingue déjà dans un mouvement furtif et puis ça y est elle sera sur moi et explosera mes si frêles incertitudes. Et ce sera bon.

kalinka | 01 h 22 | Rubrique : bobologie

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Commentaires

anne

01/02/07 à 10:28

Ta torture est appétissante.

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