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Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

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Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

Jeudi 08 Février 2007.

Y aura t'il de la neige à Noël ?


La neige s’amoncelle sur les rives du ruisseau que le train creuse dans la banlieue immobile et la vie elle aussi suit son cours et se perpétue en d’interminables bégaiements mélancoliques. Elle est étrange de banalité cette région du monde arrimée aux tours grisâtres qui la maintiennent à la surface de la Terre, qui la pressent de tout leur poids de monolithes de béton. Depuis leur trou perdu les immenses barres dominent le monde de leur indifférence à participer à la vaste mise en scène que nous perpétrons, elles ne craignent pas notre dédain, elles ne craignent pas nos efforts à les imploser car elles savent bien, elles, qu’elles seront notre futur à tous.

La neige ne tiendra pas bien sûr, elle est éphémère elle est fragile elle glisse dans la terre comme une limace et ne laisse derrière elle qu’une traînée de bave froide qui colle aux semelles. Les ponts et les immeubles s’entrecroisent dans un chaos planifié et rationnellement perpétré, la route suit des méandres inutiles entre des bureaux qui se veulent modernes placardés de hiéroglyphes ringards ventant les mérites de produits destinés à des boîtes qui vendent à d’autres boîtes qui elles-mêmes… C’est la zone évidemment, parsemée de ZAC de ZEP et de ZUP de zones franches affranchies mais sans adresse sur l’enveloppe, nulle part où aller le tampon « bon pour l’oubli » encore déchiffrable dans la boue neigeuse, le zappage serait de rigueur mais pas de pile dans la télécommande. Mais je parle j’ergote et les immeubles naissent et se multiplient, broient sous eux les pelouses rachitiques parsemées de merdes de chiens agressifs et remplissent l’espace de leurs volumes vides de sens et d’espoir ; le futur s’annonce implacable et pernicieux, il s’annonce plus dirigiste encore et préventivement mortifère, il donne envie de tuer ses propres enfants.

J’ai encore aujourd’hui vendu de l’espoir à des jeunes pleins de désirs les yeux brillants d’un projet professionnel qu’ils s’efforcent de rendre cohérent : Tout doit être planifié. Regarde comme je ne suis pas surprenant ! Regarde comme je sais c’que j’veux faire ! Aucune hésitation ! Ils sont naïfs et beaux dans leur spontanéité de façade, que j’veux aider mon prochain que j’vais t’le rendre autonome, ils me donnent envie de les prendre dans les bras de les supplier d’arrêter leurs balivernes leur comédie, de suspendre le temps et de balancer mes grilles d’évaluation par la fenêtre au loin à bouffer aux limaces baveuses et aux chiens agressifs… Trêve de plaisanterie que j’vais surtout en mettre la moitié à la porte puisqu’inutile à la reproduction budgettée de la grande machine à formater, foutez-vous au cul votre vocation, ça rentre pas dans le plan comptable.

kalinka | 02 h 56 | Rubrique : banlieue-dit

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