Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

Je ne sais vraiment pas ce qui m’a pris hier soir, mais je me retrouvais accoudé au zinc et cette israélienne esseulée à l’accent étrange qui tentait de me vendre la « nouvelle » chanson française – sauf Delerm, hein, attention faut pas pousser - et qui ne trouva pas mieux comme métaphore enjoliveuse que de causer dimanches rayons de soleil et plumards etc. Voulait-elle m’y foutre dans son plumard qu’elle n’aurait pas pu être plus maladroite… Avec cette carpette de Bertrand Betsch et ses paroles insipides qui coulait dans mes orifices, du cérumen collant qui me rentre par le nez et qui me sort par le fion, même pas capable de viser juste ce puceau d’la sémantique, les dimanches câlins-câlins je les gobais comme des pilules de MDMA mal dosées qui vous restent sur le neurone toute la semaine : assez !! Je lui ai offert mon plus vilain profil celui avec marqué poivrot indécrottable, et je m’enfilais le vin blanc au tonneau et même son habile clin d’œil sur la vie débridée de Tel Aviv avec tout le monde qui baise avec tout le monde ça n’a pas pris. J’ai failli verser dans la xénophobie primaire histoire de tâter le terrain de la provocation, et puis elle s’y est foutue toute seule la tête la première, elle qui aime pas du tout les Juifs français tous des orthodoxes avec des papillotes.
Non je ne sais vraiment pas ce qui m’a pris hier soir, je regrettais d’avoir il y a peu buté ma bête intérieure, il faudra trouver autre chose pour calmer ma soif de sang. Mais quelle idée stupide que de penser que ce concert parce que gratuit ne pouvait qu’être distrayant ? Pour finir c’est Miro qui s’y est mis à commenter son enfance avec les bougies et le chandelier à neuf branches et que Monsieur perpétue
kalinka | 14 h 48 | Rubrique : polyo/tics
Parce que je ressens de la haine pour la gente de mon propre sexe, je me refuse à éprouver les plaisirs voluptueux, les caresses et les déchirures de ce sexe qui sidère tant. Je le vois bien elles s’abandonnent toutes au moment opportun, elles baissent la garde et bien pire encore manipulent la résistance et n’en font plus qu’une parade vouée à se donner le peu d’illusion de liberté auquel elles estiment avoir droit. Elles sont bien comme ces hommes au panache phallique et qu’elles aiment tant qui à des heures tardives bravent un instant leur sociabilité de façade et avachis dans leur cerveau se lancent dans des parades duettistes pour en remontrer du respect d’
Je ne peux même pas les envoyer se faire foutre ces baltringues de la fous-moi-là tant la langue elle aussi est piégée et se love autour de la bite et s’émascule à s’enticher de ce sexe fort qui appauvrit tout avec son cinéma grand public. Charles Bronson est parmi nous, il est en chacune de nous et nous force de son Beretta de fête foraine et l’on consent sans mot dire parce que les mots il n’y en a pas qui disent combien la violence couve en nous, il n’y en a aucun qui raconte notre terreur ou notre rage, on ne peut à ce petit jeu là être prise au sérieux. Autant en rire alors, s’approprier ce joujou qui jamais ne nous appartiendra, croire et faire croire que le bazooka est chargé, qu’il tire de vraies bombes et qu’il tue ; mais dire aussi et s’en moquer que la mort ne nous atteint pas, lançons un viva la muerte ! plus terrible que mille bombes sur Guernica et plus désarmant que mille marches du sel, rions aux éclats de cette petite mort aux accents pathétiques et infatués qui fait tant jaser les parangons du braquemart inamovible, prenons les au mot et abandonnons-les à leur triste sort de vainqueurs hystériques : ils n'auront plus de vaincues à contempler stupides de puissance.
kalinka | 01 h 44 | Rubrique : polyo/tics
Alors que certains candidats se font jolis tout plein dans l’espoir d’être le plus photogénique ou le plus videogénique, qu’ils se la jouent mens sana in corpore sano à outrance, avec le fantasme pas vraiment assumé de passer pour des Übermenschen présidentiables qui ne pètent ni ne suent jamais, d’autres moins enclins aux strass et plumes-dans-l’cul s’offrent les joies de campagnes électorales moins infantiles et font appel, chose étrange et méconnue, aux synapses de leurs potentiels électeurs. Parmi ceux-ci, la patate et l'handicapé, tous deux concurrents - quoi que pas vraiment nous le verrons - sur le marché du vote « alternatif », me semblent des illustrations particulièrement pertinentes.
Du côté du handicapé, on vote pour les dominé-e-s-x-(ent), en partant du principe relativement réaliste qu’à souhaiter prendre en compte les plus mal-baisés par la société, on aide la masse des frustrés dans son ensemble. Un exemple anodin mais parlant étaiera ce positionnement militant : en foutant la pression sur les régies communales de bus, les associations de défense des droits des personnes handicapées ont permis l’aménagement des transports en commun de façon à ce qu’ils puissent accueillir les fauteuils roulants, à l’entrée comme à la sortie – les bus se baissent, ou se penchent, je ne sais plus. Sans que qui que ce soit y ai pensé, cet aménagement a facilité la vie des personnes-à-poussettes – dans leur écrasante majorité des femmes, bien évidemment. On voit donc ici l’intérêt de la prise en compte de leurs spécifiques difficultés, et la résonance que cette prise en compte suscite pour d’autres groupes de dominé-e-s-x-(ent).
Parlons désormais de l’Education Nationale et de nos chères têtes blondes – en bons parents ambitieux par procuration imaginons-les eux aussi futurs Übermenschen, on peut aussi envisager qu’une insertion toujours plus importante des débiles, culs-de-jatte et autres carencés permettrait la prise en compte des difficultés d’apprentissage de toute personne. L’école, avec ses classes réparties en fonction de l’âge, ses réflexes proto-républicains de hussards noirs, ne s’adresserait plus à une masse cataloguée vite fait bien fait de « petits » et de « grands » mômes, mais à des individus, chacun portant une singularité, des capacités et des difficultés : les babillages des conseils de classe avec ses inévitables cancres et redoublants cesseraient de facto.
Ceci dit, le fait pour un groupe de personnes de s’attribuer la médaille du meilleur dominé est un peu fumeux, que Perez de Cuellar le veuille ou non. Certes, les statistiques sont là qui montrent les difficultés importantes du fait d’être handicapé. Mais la quantité de dominés labellisés ne fait pas la qualité d’un bon dominé. Or, le glissement insidieux se fait sentir et appelle à réflexion.
Du côté de la patate, maintenant. En premier lieu, il n’y a pas de réelle
contradiction entre le tubercule et le tétraplégique : le terrain du débat que chacun souhaite susciter n’est pas confronté, et pourrait même s’articuler. La patate s’engage vraisemblablement à lutter contre un mouvement plus général de manipulation politico-médiatique consistant à cacher la poussière du fond sous le tapis Ikea multicolore de la forme, à gommer les traces d’un projet politique qui soit n’existe pas, soit fait honte à son représentant pourtant investi. On comprendra donc le choix de cette racine comestible comme mascotte, celle-ci ayant l’intérêt de réifier le désintérêt marqué pour les vicissitudes exécrables de nos super-candidats putassiers.
Autre chose encore, la patate ne se présente pas à la présidentielle, mais fait campagne. Voilà un parti pris qui me réjouit, car comme l’indiquait Nique-qui-?-Ta-mère dans un commentaire à un post dubitatiste précédent, voter pour un président est une hérésie démocratique. Ainsi donc le dogmatique beni-oui-oui du citoyen votationiste aboutirait à un paradoxe : celui d’une citoyenneté aliénée à un régime certes républicain mais point démocratique, loin s’en faut.
On le voit, le courant dubitatiste a encore une longue vie devant lui.
kalinka | 16 h 06 | Rubrique : polyo/tics
C’est en quelque sorte un pur message à caractère informatif que je livre à votre curiosité politique. La loi de prévention de la délinquance a donc été votée par le Sénat. J’en avais parlé discrètement dans une réponse à un commentaire de dubitatiste. Malgré la très petite manifestation à laquelle je vous proposais de venir dans ce post, la loi est donc adoptée…
En voici quelques conséquences pour ce qui est de
kalinka | 00 h 06 | Rubrique : polyo/tics
Voterais-je pour un handicapé ? Telle est la question que je me pose en lisant ceci, déclaration de candidature de J.-C. Parisot.
Bien sûr, il serait ô combien facile de continuer à vitupérer les anicroches successives des deux candidats en tête des sondages, de cracher sur l’un et sur l’autre de façon plus ou moins légitime, concluant qu’on ne voterait ni pour l’un, ni pour l’autre. On répond en ce sens à l’injonction des « consensuels » (cf dubitatisme #1) de front, et on neutralise ainsi le « vote efficace » de gauche. Il est vrai que cette histoire du vote-à-gauche-qui-donnera-quand-même-des-capacités-de-manœuvre à nous autres gauchistes « anti-libéraux » n’est pas si évidente.
A titre d’illustration, je nous renvoie ici aux dires d’un responsable de Club de prévention d’un patelin un peu décimé, qui m’indiquait que ç’avait été le passage à droite de sa commune qui avait été, malgré ses craintes, porteur de l’affectation de subventions, le maire PS précédent se contentant pour sa part d’un oui-oui non suivi d’effet. Sans généralisation abusive, donc, le petit jeu des accointances partisanes n’est pas au principe des politiques locales, loin s’en faut. On pourrait même dire qu’il est souvent électoralement dangereux pour un parti politique fortement visibilisé de donner un coup de main à des partis ou des groupes de pression « citoyens » qui, sans se situer dans son giron, admettent quelque rapprochement idéologique. Question de clarté de l’identité, et bien évidemment lieu de tous les crocs-en-jambe politiciens.
Mais en se focalisant à l’envie sur les deux croquemitaines du PS et de l’UMP, arguant du seul choix qui reste, l’abstention, bien pire que de ne prendre aucun risque, on gomme les autres candidats. Certes, le parti anti-libéral qui était lui aussi l’objet d’un intérêt de la part des journalistes a chu, mais cela ne veut pas dire qu’après lui, le désert… Et ainsi, les abstentionnistes qui se disent politisés – parce que critiquant amèrement les candidats en tête – ne font que prolonger, et c’est bien dommage, le jeu de diffusion médiatique simpliste, laissent accroire qu’il n’existe que deux candidats en concurrence. C’est certes statistiquement vrai, c’est pourtant idéologiquement faux. A vous de juger, donc.
kalinka | 13 h 25 | Rubrique : polyo/tics