in/divisible

Des histoires plus ou moins vraies, plus ou moins autobiographiques et plus ou moins bien écrites.

in/visibles

passé

tiens-tiens ?

Tijuana, plus tordu qu'le 9-1
wisyanne, pas du cul monomaniaque comme ici, non, enfin d'l'amour !
manolita's fever

hy/ppostrophe

expressway to your skull, rockn'roll culturation

Quand tu auras passé trente ans de ta vie à mettre au point de subtiles méthodes psycho-pédiatriques, médico-pédagogiques, psychanalo-pédotechniques, à la veille de la retraite, tu prendras une bonne charge de dynamite et tu iras discrètement faire sauter quelques pâtés de maisons dans un quartier de taudis. Et en une seconde, tu auras fait plus de travail qu'en trente ans.
Fernand Deligny, Graine de Crapule.

Dimanche 27 Mai 2007.

l'amour du chiffre

Par delà les constellations et les galaxies, il est, n’en doutons pas, quelque présence qui scrute nos faits et gestes, consterné, comme d’aucun ici-bas moule dans son canapé devant un bon vieux Derrick par un dimanche pluvieux. La voilà donc, notre présence suprastellaire, haussant le sourcil à la vue de ce document mirifique, témoignage poignant des valeurs en vogue chez les êtres vivants complexes du système solaire… Qu’un Sarkozy soit porté aux nues le temps d’un songe ne doit pas ici nous arrêter, tant l’être distant de quelques milliers de parsons s’en cogne la tentacule ventrale. Ce qui intrigue notre bestiole extraterrestre, c’est notre vénération aussi prompte que soumise devant la moindre quantification statistique. Et cet article en est l’illustration discrète et efficace.

Attardons nous sur la rhétorique ; l’amas de chiffres semble témoigner d’une certaine volonté d’adhésion des foules de la part du prosateur : « Seul le général de Gaulle a fait mieux lors de son arrivée à l'Elysée, il y a près de 50 ans ! ». Vraisemblablement, nous sommes ébaubis par ces scores mirobolants. Et puisque la vue seule de ces nombres ne cesse de briser le marbre de notre indifférence blasée, l’auteur en remet une couche : « Georges Pompidou 54%, Valéry Giscard d'Estaing 44%, François Mitterrand 54% (à la fois en 1981 et 1988), Jacques Chirac 59% en 1995 et 51% en 2002. »… Etc, etc. On ne saura donc rien – ou si peu - du contexte et des facteurs plus ou moins légitimes ni des motivations des personnes interrogées : les chiffres portent en eux-mêmes leur signification, leur pouvoir, leur consécration ; ils sont l’hostie du IIIe millénaire.

A tel point qu’un xénologue interstellaire put écrire :

« Les êtres humains de l’ère atomique distribuaient leur pouvoir suivant des règles peu communes, et qui se devaient d’être une réponse aux formes de domination charismatique, religieuse ou traditionnelle des périodes antérieures. Ainsi se répartissaient-ils statistiquement afin d’envisager celui qui serait à même d’exercer une part de ce pouvoir. Et non seulement cette rationalisation de la division du travail social donnait lieu à la légitimation des individus ainsi choisis, mais elle produisait en même temps les possibilités d’une aune de popularité, de satisfaction, de séduction. Chez les êtres humains de l’ère atomique, on pensait qu’il était possible de quantifier l’amour. »

kalinka | 15 h 47 | Rubrique : socio-lego | Màj : 27/05/07 à 18 h 31

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Mercredi 04 Avril 2007.

Petites misères de la micro-domination

On compte sur vous affreusement dans ce travail. On compte sur moi, et tu me fixes silencieuse soudain les yeux écarquillés de désespoir :

« Et je tiens ton futur dans mon poing, peut-être ? Je tiens ton plaisir et ta jouissance, aussi, pendant qu’on y est ? Ton regard me rappelle d’autres histoires, d’autres épopées, de cet ordre du monde auquel tu n’appartiens pas, un monde de tendresse et de colère ou d’exaspération, un monde dans lequel l’important est de se sentir désiré ou haï, et sûrement pas de ce monde de mémoires professionnels et de fonctions attribuées, quand bien même il s’agirait de causer affect et sexualité, marmaille et êtres en souffrance.

Tu devrais le savoir, et même si tu es adulte depuis peu de temps, tu devrais le savoir que je ne saurais m’attendrir à la vue de tes larmes et de ta détresse. C’est un monde de cochons, c’est vrai, des candidatures présidentielles te marchent dessus sans cohérence, des directions t’infantilisent, des formateurs rient sous cape de tes doutes exagérés, des conseillers associatifs refont ton monde sans égard pour ton opinion, et c’est un monde de cochons, tout à fait. A vomir. Mais tu ne peux t’abandonner ainsi, tu ne peux leur appartenir. Tu te dois à toi-même le cynisme ou la rébellion, et que sais-je encore ? L’important n’est pas que tu es raison, l’important est que tu ne cesses de t’appartenir.

Et que devrais-je faire, moi, de ces larmes de crocodile, de tes suppliques, de ton chantage à l’abandon ? Je te prends dans mes bras ? Je bois tes larmes sur tes joues ? je te caresse tendrement, nous baisons sauvagement sur les tables de classe ? »

Je la regarde pleurer les yeux dans son écran, incapable désormais de suivre la moindre de mes indications de travail. Elle ne m’entendra plus, maintenant. Et merde ! :

« Allez, viens, approche-toi, on va la faire ensemble, cette putain de conclusion de mémoire. »

kalinka | 23 h 32 | Rubrique : socio-lego

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Jeudi 15 Mars 2007.

kafka versus houellebecq = dostoïevsky

P., pris d’une folie rationalisante stupéfiante, incarnait le parfait agent protocolaire : cette élection des représentants du personnel se devait d’être d’une irréprochable perfection. Avec C., troisième  assesseur et par ailleurs documentaliste de talent, nous nous regardions d’un œil amusé ; il me semblait pourtant bien que notre mission première avait été de saisir l’aubaine de cette tâche aux enjeux dérisoires, tâche qui avait comme unique mais indéniable avantage de nous débarrasser d’une réunion pléthorique et traînante, quarante personnes et quatre heures non-stop à lorgner du coin de l’œil le libé négligemment jeté sur une table et à se chuchoter des conneries à voix basse avec les autres cancres de la parlote institutionnelle. D’autres se battent pour les ors de l’Association avec un certain brio stratégique qui camoufle mal l’indigence théorique et politique des débats qu’ils entretiennent - quand débat il y a. Planqués nous étions, à trois devant nos deux urnes cadenassées, nos petites listes de votants et les deux isoloirs qui nous faisaient face. Je me sentais particulièrement hypocrite, moi qui après moultes tergiversations avais décidé d’envoyer paître l’élection présidentielle sous le prétexte que décidément ce régime est vraiment trop lamentable : en cas d’hésitation, il est important de savoir se replier sur les fondamentaux… C’est en tout cas le meilleur argument que j’ai dégoté jusqu’à présent pour moucher les Royalistes prosélytes qui grouillent aux aguets dans le marais grouillant des cadres « soc-dem » dont, bon an mal an, je fais partie.

Bref, P. s’était saisi du règlement du vote, l’avait ingurgité avec gloutonnerie et tatillonnait de la procédure à qui mieux-mieux et emmerdait l’erratique cohorte des votants – quinze personnes en tout et pour tout en quatre heures et demi, c’est dire le boulot pour trois personnes… J’avais réussi un temps à ménager ses surprenantes ardeurs de petit bureaucrate, je lui avais sorti le grand jeu, la dernière enquête de Bajos et Bozon sur la sexualité des Français, que ça baise dans tous les sens et de plus en plus égalitairement parait-il, je raffinais avec les jeux érotiques, les strings en sucre, la recherche des plaisirs, mais rien n’y fit. Avec sa quarantaine célibataire mal assumée et ses réflexions libidineuses, tendancieusement sexistes et quotidiennes, je pensais avoir pourtant trouvé le dérivatif idéal. Mais les promesses d’un avenir radieux sous la couette échouaient contre toute attente à tempérer la jouissance du petit pouvoir procédurier qui l’avait saisi, et la première victime à rentrer dans la petite salle qui faisait office de bureau de vote en prît pour son matricule. Envolés le 69 et les capotes en tas au pied du lit, les injonctions au respect des règles pleuvaient sur le malheureux citoyen-travailleur qui regardait P. avec de grands yeux soudain pétrifiés, hésitant entre le fou rire et la demande d’internement en urgence. Cette hypothèse me semblait en tout cas plausible eût égard au cursus lacanien du collègue en question.

Vint au bout du compte la fin de ces agapes démocratiques et le moment crucial du dépouillement semblait pointer : les candidats étaient présents, la direction aussi. Nous disposions de deux urnes, l’une pour les représentants, l’autre pour les suppléants ; à chacune correspondait une couleur d’enveloppe. Il nous restait suivant la procédure à mettre nous-même dans les grosses boîtes transparentes les votes des électeurs qui ne pouvaient venir ce jour et avaient envoyé leur décision par courier. Hélas, trois fois hélas ! C. dans son empressement glissa un vote dans la mauvaise urne. P. ne put s’empêcher de s’écrier comme le clebs pavlovien qu’il était devenu : « il faut annuler ce vote ! ». Un silence glacial s’empara de notre troupe hétéroclite. Il était important de ne pas annuler ce vote. C’était primordial. Les risques de lancer un deuxième tour étaient décidément trop importants. Et dans ce silence tendu et absurde, je ne sais pas ce qui me prît, l’absurde justement, l’horreur me submergea et je partis d’un éclat bruyant et absolument désagréable, j’en suis persuadé, au milieu de cet arrêt sur image insonore et déconfit. Tout ce rationalisme protocolaire m’avait moi aussi emporté dans la folie, et comme bien d’autres je sombrais les nerfs épuisés, et peut-être fut-ce ce rire nerveux et stupide qui sauva ce dernier petit bout de papier de la tyrannie rationaliste et partant de l’autodafé.

Nous avions donc évité ce second tour de justesse, à trois votes près pour tout dire. L’enjeu était de taille pour les délégués syndicaux qui souhaitaient avant tout être élus dès le premier tour. En effet, le premier tour des élections professionnelles impose que les candidats fassent partie d’une liste syndicale ou intersyndicale. Mais au second tour, les candidats se présentent en leur nom propre, et tout un chacun est donc libre de proposer sa petite personne. Pour nous, le choix était simple, soit nous votions pour l’intersyndicale, soit nous nous abstenions. Deux options s’offraient aux opposants : soit l’abstention ajoutée à la nullité dépassait les cinquante pour cent, soit le vote était annulé pour vice de procédure. Un lobbying intense avait donc dans les bas-fonds joué pour discréditer le vote et tous les moyens étaient bons, cela d’autant plus qu’un postulant malheureux s’était vu évincé des candidats de l’intersyndicale, ce qui l’obligeait à fomenter un deuxième tour, quitte à faire annuler le premier ; le danger planait sur notre petit groupe de planqués…

La procédure du vote, le cadre légal de sa réalisation se trouvaient donc pris dans l’engrenage des rapports de pouvoir : loin de se présenter comme neutre, ils prenaient nécessairement fait et cause pour l’un ou l’autre parti. Supports de lutte pour le prestige et la distinction, ils ne pouvaient manquer d’être aussi supports de la folie et de la déraison : P. chez qui je soupçonnais déjà une certaine forme d’hystrionisme banalisé ne manquât donc pas à ses devoirs d’agent pathologique ; la pression soudaine le ratatina et le colla à la surface des enjeux, et il trouva refuge dans les grilles de lecture rassurantes du code et du rituel. Notre petit Savonarole potentiel avait trouvé là matière à déraisonner en toute légitimité… Du côté des pouvoirs potentialisés et mis en concurrence – les candidats et les évincés, notre minable protocole permettait d’actualiser et de donner sens à une lutte qui sans lui n’aurait pu trouver matière à conflictualisation : sans lieu légitimé de lutte et de victoire, que nous reste-t-il sinon la passion des couteaux plantés dans les panses et des têtes coupées ? Et finalement, cette rationalité légalisée qui se veut une fin en elle-même n’est-elle pas subsumée aux rapports qu’entretiennent les dominants entre eux ? Qui arriva le premier, de l’œuf ou de la poule ?1 Bah… me dis-je en matière de conclusion dans un dernier élan de relativisme pessimistissime.

1 Alors comme j'ai pu par un tirage de cheveux scandaleux me référer à des littérateurs, je ne peux m'empêcher de citer ici, et en vrac, des auteurs des champs des sciences humaines ou même d'épistémologie et ayant à faire avec le relativisme dont je me fais ici le chantre désabusé. Navré pour les celles et ceux qui haïssent ces champs de perception du monde au point de jeter le bébé avec l'eau du bain, qu'ils s'abstiennent de lire et puis voilà. Pour le rapport entre déséquilibre psychique et rapports de pouvoir : Marcuse, Deleuze, Desjour, Guattari, Freud ; Foucault pour les rapports entre savoir et pouvoir, Weber pour la critique de la rationalisation, Elias pour le polissage des rapports de pouvoir, Touraine pour la conflictualisation des rapports de domination, Bourdieu pour la construction des distinctions dans les champs de pouvoir... J'arrête là, et je m'excuse auprès de celles et ceux qui, sans pour autant conchier, s'en foutent, tout simplement.

kalinka | 14 h 10 | Rubrique : socio-lego

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Jeudi 01 Mars 2007.

Mais non voyons, un peu d'aigreur ne fait pas de mal parfois...

Non on ne m’y prendra pas à faire le cinéphile tant tout de même je fréquente si peu les salles obscures ces dernières années que je serais tenté de penser que le cinéma fût kalinkaphobe. Et c’est tout aussi vrai qu’entre le banal nanar de propagande grand public et le film d’essai petit-élitiste il y a un obstacle majeur : mon inculture du grand écran, de ses frasques et de ses déconvenues.


Dans ces circonstances, se lancer dans un Inland Empire à retardement relève du gageur utopique, de l’ambition irréaliste, du pari inconséquent. Me voilà donc plongé dans un film abominablement long – trois heures fortement dilatées ! - affalé dans le fauteuil le plus dorso-sadique du monde et qui me fît immédiatement regretté le tabouret de cuisine bourré d’échardes de mon enfance. Le « MK2 Hautefeuille » Paris 6ème vous accueille comme le Christ au pied du chemin de Croix, avec les clous et le marteau en guise de bienvenue. Être intello nécessite apparemment ses pénitences et la salle est bondée d’adeptes.


Si l’intello ne mange pas de pop-corn, rapport à la ligne - du parti, il n’est pas pour autant démuni de toute capacité de nuisance sonore. Mais contrairement au tout venant, il n’a pas besoin d’un addictif consumériste car il a pris grand soin d’incorporer les artefacts de l’agacement d’autrui. Il emmerde sans payer, et là réside la supériorité indéniable de son Capital culturel. Il détient en lui le déclencheur de votre agacement. Ses mains, ses bras, ses jambes et sa bouche surtout, ah oui ! sa bouche sont dotés d’indétectables perturbateurs de concentration, de générateurs de mouvements saccadés et inutiles et de poils horripilants. En sus, cette machine de guerre détient une arme de destruction massive que les terroristes du monde entier lui envient : un infâme toc déglutissant expectore de son orifice à jactance qui se vrille dans le cerveau comme une aiguille dans le nerf à vif d’une prémolaire avariée. A vous torturer d’impatience et de désirs de meurtre frustrés… Trois heures durant ! A ma sinistra, le type toqué tapotait du pied, tricotait du coude, tiquait des doigts et cliquetait d’la langue, et ses élans soudains d’inspiration tétanisaient ma respiration perturbée. Argh, pas après le travail, moi qui voulais me changer des foyers de vie pour débiles impotents !


Alors un conseil, si l’on vous propose le choix exhaustif entre une coucherie avec un quidam piteux ramassé au hasard sur le bord du zinc d’un rade dégueulasse du XXème et ça, préférez le porte-godemichet, même mal-baisée pour la vie, la note sera moins salée. Voilà vous savez désormais quoi faire pour fêter la sortie du prochain Lynch sur les écrans…

kalinka | 11 h 22 | Rubrique : socio-lego

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Samedi 10 Février 2007.

Les rats

Les rats des champs fustigent ceux des villes, ceux des villes méprisent leurs congénères banlieusards, qui eux-mêmes exècrent les campagnols, et tout cela ne nous mène à rien sinon à nous rassurer des aléas qui nous déterminent dans nos destinées topographiques. Il est toujours  étonnant que nous nous ingéniions à traduire nos désirs d’exotisme existentiel en fantasmes géographiques, ou qu’à défaut d’inventivité nous allions chercher ailleurs les motifs de notre sédentarité.


Ainsi m’avait-on catalogué moi aussi et badgé d’une évidente propension à la confusion citadine, rat urbain inexorablement je serai amené à être, et certes je l’admets j’en suis, mais devrais-je me culpabiliser du fait que les humains miséreux de tous horizons aient tendance à s’agglutiner autour des métropoles avec une remarquable constance ? C'est un peu comme ces plantes héliotropes qui souhaitent se la jouer icarienne mais hélas pour elles n’ont pas inventé la cire et se contentent invariablement de cramer à la surface de quelque planète de banlieue solaire - à savoir la notre.


Bref ce sont bien ces miséreux qui réapprovisionnent régulièrement mon compte en berne et subventionnent mes ablutions d’absinthe et mes bâtons d’encens chichonnesques, alors merci les filles z’et les gars, toute cette concentration c’est pain béni pour moi - et quelques milliers d’autres… Et oui les pauvres c’est pas des tournesols ça ne pousse pas dans les champs, au contraire ça se presse aux portes des bétonnières et moi j’aime les pauvres et les assistés, je ne suis pas herbivore : à chacun son terrain de chasse.

Commérages : Un honorable et néanmoins facétieux lecteur ayant l’aimable curiosité de rechercher sur google « histoire de cul saoule forcée » (c’est la grosse tendance de la saison automne-hiver 2007 dans le porno internet)(c’est amusant ces possibilités de savoir d’où viennent les gens) s’est vu proposer je n’sais trop comment l’adresse de ce blog… Je ne devais pas être le premier sur la liste donc mon quidam a dû persévérer pour tomber sur mon bidule… Alors l’ami a-tu trouvé ton bonheur en ces lieux ? On s’y fait en tout cas parait-il à ces bêtes là, ce post scriptum s’adresse donc davantage aux non-initiés.

kalinka | 14 h 22 | Rubrique : socio-lego

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Vendredi 02 Février 2007.

L’insomnie #1

Les joies jouissives des petits jeux de la simulation


Assise sur ma maigre carcasse, elle ondule son bassin en serrant fort ses bras autour de mon cou. Sa main tricote mes bouclettes avec douceur et s’agrippe par intermittence à ma nuque. Le plaisir roule dans sa bouche aimante, elle le sculpte et me le susurre à l’oreille et j’écoute je sens la chaleur envoûtante de son haleine humide et je me délecte de sa respiration, ses halètements et ses soupirs qui me font chavirer me procurent une joie intense et des frissons énamourés de la tête aux pieds.

Que j’aime ces petits jeux de rien qui font tous les plaisirs de l’amour, ces choix que l’on fait de se mentir, d’exagérer et d’amplifier ce que l’ont ressent, de se faire pour mieux être, de se masturber ses petits mythes personnels pour mieux dire le plaisir à sentir la caresse sur sa peau dans son sexe, sur soi/en soi, de s’autoproduire de la jouissance pour toujours tenter de la partager – douce vanité, de se remonter la machine à titiller les sens pour mieux l’attribuer à l’autre, d’écouter les tremolos palpitants de l’excitation et de les accompagner des douces comptines de nos pensées les plus cochonnes. Simuler, n’en déplaise aux esprits obtus d’un autre temps, est, bien plus qu’un choix, une nécessité.


J’entends bien souvent et ça me crispe (mais je garde mon sang-froid, me croirez-vous ?) d’aucun vanter les vertus naturels du plaisir, cet être venu d’ailleurs ou plus exactement d’un je-ne-sais-où ancré en soi comme un cancer indécrottable, un reste d’instinct ou plutôt son cœur même, la preuve irréfutable que oui la jouissance vient d’elle-même et qu’elle ne se décide pas. On peut même se servir de ce dogme intemporel pour justifier d’unions sentimentales ou contractuelles, arguant que bien évidemment l’amour et la destinée ont décidé de cette union, qui de toute façon n’aurait pu ne pas se faire. Alors pour sûr ce sont bien des corps qui se chahutent et se bercent se frottent et s’entrechoquent. Oui bien sûr qu’on joue avec notre sueur, que c’est bien la matérialité de la peau et de la chair des sexes qui  sont en jeu, qui arrosent tant et plus se gonflent et respirent comme des poumons après la course. Et pour autant tout cela n’est rien sans le corps parlant et pour ce corps bavard il est bien question de se raconter. Et même si les types, par exemple au hasard, font souvent l’amalgame entre la jouissance matérielle – leur foutre, quoi ! – et la jouissance qu’ils ont tirée de la baise qu’ils ont vécue, ils sont de mauvaise foi car ils le savent bien il est des moments de jouissance matériellement réels et nonobstant idéellement foireux : ils se doivent de simuler comme tout un chacun, et en plus ils prennent leur pied ces petits chenapans.

Pour finir, les meilleurs moments sont ceux qui s’éternisent et raisonnent dans les corps alors que les zizis sont mous et les zézettes asséchées, preuve de plus de l’immatérialité des plaisirs charnels. Voici une histoire de cul qui n’a rien d’érotique, mais une insomnie vous le savez bien ça ne se commande pas…

kalinka | 03 h 30 | Rubrique : socio-lego

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Samedi 20 Janvier 2007.

dubitatisme #2

Un coming out dubitatiste stupéfiant. Et bien je dis bienvenue à toi, François.

kalinka | 17 h 55 | Rubrique : socio-lego

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Vendredi 19 Janvier 2007.

dubitatisme #1

J'emprunte ce néologisme à une conversation que nous eûmes avec V² et T². Manque plus que les Skuds et on est au complet.

Puisque la saison s’y prête, que tout le monde à l’air ravi de parler politique électorale – ce qui n’a rien à voir avec l’utopie politique, fusse-t-elle de zinc - on va nous aussi s’y mettre. La population que je côtoie confronte en général deux types de discours qui se veulent parfaitement incompatibles : discours du vote-de-gauche-malgré-tout et discours de l’abstention, de gauche aussi. Pour les premiers, mieux vaut voter Royal et revendiquer une adhésion commune par défaut ; pour les seconds, les valeurs de gauche sont trop importantes pour les sacrifier aux circonstances du moment. Inconciliables, donc : consensus contre intransigeance.

Dans cette affaire, Les consensuels sont majoritaires et détiennent la légitimité médiatique et institutionnelle. Après tout, il faut avant tout voter, peu importe pour qui, mais c’est la démocratie qui serait en jeu dans cette histoire : aux valeurs de gauche s’adjoignent, pas toujours de façon homogène, les valeurs de la démocratie collective. Enfin, les consensuels ont une mission commune fortement intégrative et tentent souvent de convaincre les intransigeants. Le prosélytisme se confond un peu à la revendication de sacrifice individuel et de responsabilité, et alimente tout autant la cohésion identitaire qu’il se voue au sauvetage des âmes intransigeantes et perdues.

Du côté des intransigeants, c’est la conscience individuelle qui est en jeu. Nulle adhésion à quelque groupe que ce soit. La rationalité politique est poussée au point que l’on ne saurait trahir ses convictions politiques individuelles : le vote par défaut ne peut pas exister, l’ego politique est tel qu’il ne peut se confondre avec celui des autres, il s’éprouve sans concession. A la culpabilité que leur renvoient les consensuels, ils répondent par le mépris dû aux sacrifices que demande cette adhésion. La méfiance est d’autant plus grande que le discours des consensuels se confond avec celui, plus dogmatique encore, d’une injonction tous azimuts au vote, de droite comme de gauche. Des chanteurs, des comiques arpentent même les cités pour enrôler les indélicats acculturés qui généralement s’abstiennent en masse, et les artistes en profitent par ailleurs pour user de leur médiatisation aux fins de diffuser les messages civiques ; et vice-versa, ce qui a sûrement tout autant le don d’agacer les intransigeants, qui eux ne semblent pas convaincus par la nécessité de porter leur message à qui que ce soit : aucune cohésion identitaire, aucun sacrifice à quelque communauté que ce soit. Là où les consensuels éprouvent un sentiment sacrificiel d’appartenance au peuple de gauche, quel que soit le programme à défendre semble-t-il, les intransigeants sont fortement individualistes tout en s’envisageant être de gauche.

Deux raisonnements, donc, et qui ont tous les deux leur rationalité. Et il me semble qu’au-delà d’un positionnement politique contradictoire propice aux engueulades, ce sont bien deux conceptions plus générales de ce que peut être une « éthique de gauche » qui sont en jeu. Pour la consensuelle, donc, le ralliement est symptomatique d’une vision fortement intégrée de ce que peut être la démocratie : au travers de soi, c’est un groupe avec lequel on partage des valeurs comprises comme absolues. La responsabilité individuelle est celle de se vouer à ces valeurs, la démocratie, la « prise du pouvoir » raisonnée par ceux qui se revendiquent de gauche, à savoir le PS ; bref, de s’arrimer à une conscience collective. Les intransigeants quant à eux se réfèrent à leur conscience individuelle uniquement : ils ne sont pas anti-démocrates, bien au contraire, et à défaut de cette citoyenneté dont on nous rabat les oreilles comme en d’autres temps le patriotisme, ils ont une conscience politique souvent aigue. Leur démocratie est avant tout celle de la conscience individuelle et du respect de celle-ci.

Le sens du collectif contre le respect de l’individu semblent aujourd’hui confrontés dans de nombreux domaines, et cette question ne devrait pas être galvaudée par le contexte de l’élection présidentielle et ses multiples chantages. Le message que contient l’absentéisme électoral ne devrait pas être traité avec tant de mépris.

Pour ma part, je tangue entre les deux hémisphères et ne cesse de tergiverser. A en avoir la nausée.

kalinka | 16 h 01 | Rubrique : socio-lego

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